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 tu délires (lio)

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- la tête dans les étoiles -
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Identité : dragon mange soleil (mathilda)
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Âge : seize ans traînés dans la boue et le bailey's
Occupation : sophomore poche à l'école, balayeuse de cheveux, line stander devant les salles de concert
Côté coeur : à la recherche des cœurs de palmier
Quartier : dans l'est friqué bof bof avec maman, dans l'ancienne chambre de rex

MessageSujet: tu délires (lio)   Dim 1 Avr - 19:13

tu délires
(fais pas semblant d’être en cuir)
-- -- -- -- -- -- -- -- --
j'ai rex au téléphone dans le bus. je parle fort et ça dérange quelques dames dans le fond. je les vois me lancer des regards de travers. faces de bœufs. je continue quand même. j'ai la voix qui porte loin. maman m'a toujours dit qu'il fallait pas avoir peur de s'en servir. que crier, ça valait mieux que chuchoter. je me rattrape de justesse à la barre quand je revole vers l'arrière au feu rouge. je pourrais m'asseoir sur un siège, mais j'aime bien tanguer quand le chauffeur freine dur. ça me secoue comme rex me secouait quand on se battait pour de faux, plus petits. ça fait un bout qu'on s'est parlé, rex et moi. il appelle que quand il y pense et il y pense pas. il a trop de trucs dans la tête, il finit par m'oublier. je lève les yeux au ciel quand il me dit que c'est pas vrai. si, c'est vrai. j'le sais qu'à un moment donné, il va plus appeler. crescent, c'est loin loin loin derrière lui. et moi aussi.

ma main se crispe sur mon téléphone quand j'aperçois quelqu'un que je connais comme le fond de ma poche marcher-valser sur le trottoir. c'est pas n'importe qui, c'est pas quelqu'un qu'on croise au centre d'achats et qu'on voit plus jamais de la vie après. c'est lio. et lio ça fait trois semaines que je l'ai pas vu. il se pointe plus en cours. il se pointe plus nulle part et il fait fucking chier parce qu'il a disparu presque en même temps que rex. on me tend un piège pour me faire perdre les pédales. j'ai plus de rex, plus de lio et je suis en gros tabarnak contre le monde quand j'ai plus ni l'un ni l'autre. maman elle a vite compris que la pire des punitions, c'est me dire que j'ai plus le droit de leur parler. mais elle m'a jamais fait ce coup-là. avec moi, elle est douce, maman.
rex, faut que j'y aille. je te rappelle. j't'aime, bisous !
j'appuie sur le bouton rouge qui raccroche et je me précipite à l'avant du bus. on dirait que je suis bourrée, je valse de droite à gauche. le chauffeur conduit mal, mes pieds glissent dans mes baskets trop grandes.
STOP LE BUS, STOOOOP !
les madames à l'arrière ronchonnent contre la jeunesse. j'ouvre une fenêtre vite n'importe comment et je sors la tête. le vent me sacre une claque dans la gueule. je fais genre je vais vomir pour que je chauffeur s'arrête. et il s'arrête ben raide en plein milieu de la route. ça klaxonne derrière nous.
LIO !
je sors en trombe et je sprinte sur les quelques mètres qui me séparent de la tête bouclée en vrac. j'bouillonne à l'intérieur même si j'ai rien d'un dragon. je sais pas ce qu'il fout dans ce quartier-là, moi je faisais un tour curieux pour tenter de le retrouver, le tour des friperies pour m'acheter un bob et des lunettes de soleil pour p'tit kid.
LIO, TABARNAK !
quand j'arrive devant lui, je lui balance mes yeux en colère. j'aimerais bien le serrer, l'étouffer dans mes bras, mais il faut pas que j'ai l'air ben tranquille, pas fâchée du tout. il faut que je sois un gros chardon qui pique. c'est pas la première fois qu'il fait des coups pareil, mais c'est la première fois que ça arrive sans que rex soit là pour me dire que tout va bien. il a l'air paumé, ses deux yeux doux matchent pas avec le décor miteux.
tu m'expliques c'qu'il se passe ou quoi ?

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MessageSujet: Re: tu délires (lio)   Mar 3 Avr - 2:57

tu déliresLe sac à dos fait du bruit en valsant de droite à gauche. Tchac, tchac, tchac. Lio entame une démarche exagérément chaloupée, et les tchac tchac s’accentuent. Il profite qu’y ait pas d’passant pour trouver le bon pas avec la musique, la musique dans sa tête, la musique qui fait des tchac tchac et des cling cling. Ce sont des verres cognés ensemble, le brr brrr de la radio du garage qu’assume pas son antenne pétée, les flop flop des vêtements qu’on bat sur le mur avant de les pendre sur un fil. C’est une sorte de gros foutoir sans queue ni tête que les créatifs sont les seuls à trouver artistique. C’pas signé de Madonna ou Mozart, mais au moins ça a l’avantage de n’appartenir qu’à Lio. Lio, il danse entre les pavés. Il danse parce qu’il a rien à faire. Ou si peu. Faut juste conduire le matériel informatique chez Mr Thenton pour cinq heures, il est large, il est sacrément large même.
C’est sûr que quand on lâche l’école on a plus grand-chose pour s’occuper l’esprit. Pas quand on a seize – pardon, quinze – piges et une nuée de boutons sur la gueule. Et pourtant, même si Jo et les autres l’aiment bien en général, le garçon sait que dans une semaine il va devoir payer l’loyer. Alors vu qu’il n’a pas beaucoup d’économies, il transporte le matériel informatique. Ou il livre les pizzas. Ou il conseille les clients pour des vinyles. Bref, il occupe ses longues journées d’un tas de petits riens.

Y’a l’bus qui vrombit derrière lui. Lio, il l’écoute pas trop, à peine un coup d’œil en arrière, pis il reprend sa petite valse des bruits bizarres. Pas d’raison d’arrêter après tout. « LIO ! » Sûrement un écho de l’imagination, qu’il se dit, même si l’imagination elle est quand même vachement réaliste pour le coup. Le gamin ne s’arrête pas, parce qu’au fond la voix il l’a reconnue, et que la voix elle lui a liquéfié les genoux, et que la voix est un problème auquel il n’veut pas faire face. Ce problème de type do-remie-fuck qui rentre pas dans la compo de la chanson sur laquelle il s’dandine. « LIO, TABARNAK ! » Il avait pas vu qu’le bus s’était arrêté, shit. Maintenant y’a une folle en furie qui s’avance au pas de course vers lui, et il recherche comme un con un endroit où s’cacher. « fuckfuckfuckfuck ! » qu’il gémit tout bas en ne voyant ni buisson ni… ni couple de quarante ans à qui prétendre être le fils.
Y’a l’boulet de canon qui se plante devant lui. Trop tard mec. Lio, il retient un soupir, parce que sa meilleure amie là en c’moment elle lui péterait les couilles si elle l’entendait. Il tente un vague sourire. Il a la voix qui tremble. « … Heeeeey, Remie… Ca v… » « Tu m’expliques c’qu’il se passe ou quoi ? » Il porte une main à son cou, gêné, et écrase son regard par terre. Hm. Expliquer à cette fille ce qui se passe. C’est sûr qu’il aurait pu lui dire en partant, sauf que non, sauf qu’il y a pas pensé, sauf qu’il a même pas pensé à prendre le téléphone, sauf qu’il a pensé à rien en s’bougeant de la maison. « Euh… C’est que… Mesparentsmebattent. » Lio et l’art du mensonge. Il se mord la joue fort, très fort, et relâche au moment où le goût métallique se répand. Fuck. « Ou plutôt, euh, ils s’battent l’un l’autre. Tu sais, c’est comme quand y’a les gifles qui volent au-dessus du jus d’orange et qu’même le jus d’orange il sait pas où s’mettre, et ça s’fait chier d’partout, et ça crie, et ça menace d’aller en enfer, et… eh bah voilà quoi. » Il prend une longue pause pour démêler les pinceaux dans sa tête, il ose même pas spotter les trous des yeux de Remie. « Sinon… sinon tu vas bien ? »

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votre gagne-pain ne m'intéresse pas.
je veux savoir de quoi vous vous languissez
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pour vos rêves,
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MessageSujet: Re: tu délires (lio)   Mar 3 Avr - 18:45

tu délires
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lio me regarde même pas. lio se cache derrière ses cheveux en nid d'oiseau. c'est un vrai potager qu'il a sur la tête. un champ dans lequel on fait pousser du chou bouclé à longueur d'année. il est le seul au monde à porter ses cheveux comme des lianes de la jungle. mes yeux se décrochent de ce farfouillis. agacée, je croise les bras et je tape du pied. ma patience à des limites, comme maman quand ses mots grondent. orage. j'arrive pas à voir plus loin que le bout de mon nez quand j'suis en colère. je deviens myope fulminante. je vois que ce qui se passe dans ma tête et ça obstrue le reste. j'ai jamais été bonne en bagarre à cause de ça.
—  euh… c’est que… mesparentsmebattent.
QUOI ? je gueule vite et en grosses lettres dans la rue sans vraiment essayer de baisser le ton. je suis prête à exploser de colère - la rage mal contenue fait flinguer mes mouvements brusques - à taper les fantômes du vide qui se bercent dans le vent, à hurler des mauvais mots jusqu'à ce que ça réveille les passants, les passantes et les chiens en laisse. mais lio reprend et je reste figée devant lui avec une tête idiote à écouter ce qu'il me dit. de la violence autour d'un déjeuner. le verre de jus d'orange qui valse et qui s'pète en morceaux par terre. la scène dépeinte dans ma tête est fanée. j'imagine les engueulades avec maman multipliées par dix à tous les jours et ça me fait pleurer en dedans.
un temps.
—  sinon… sinon tu vas bien ?
je me remets à fonctionner normalement.
pourquoi tu m’as pas dit ?? t’aurais pu venir à la maison... maintenant que rex est plus là, il y a une chambre de vide. la mienne, l'ancienne. moi j'ai bougé toutes mes affaires dans la chambre de rex. on dirait qu'il est encore tout pogné dans les murs. une fois, rex et moi on a caché une réfugiée pendant trois semaines dans la maison et maman l’a jamais remarqué. penser à rex, parler de rex, ça me fourre dans la plaie que son départ a causé. les explications de lio viennent tricoter avec de grosses aiguilles pointues dans ma peine. fuck. je baisse la tête à mon tour et je serre les poings. je vais pas lui dire pour rex.

et tu dors où maintenant ? comment tu fais ? j'enchaîne trop vite sur la question. c'est une erreur. il va voir que ça va pas, c'est sûr. en temps normal, j'aurais pété ma coche, j'lui aurais crié des choses débiles. j'aurais même donné un coup de pied dans l'arbre à côté. brisé l'écorce, me serais foutue à l'intérieur dans le bois mou et j'aurais dormi. en ce moment, à cause de rex, je suis tout le temps fâchée. tellement que ça me fatigue. j'ai plus la force de me mettre en rogne, surtout pas contre lio. raz le cul de gueuler. mal de gorge qui déglingue ma voix. je gobe les pastilles citron menthe et je fais passer le mauvais goût avec du bailey's.

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MessageSujet: Re: tu délires (lio)   Mer 4 Avr - 2:29

tu déliresEn c’moment, Lio n’essaie même pas d’imaginer la tête de Remie. Il a pas envie d’y foutre les éclairs dans les yeux, les dents qui grincent sur des remarques acides à balancer, ni les autres signes pas très glams de la colère. Et même dans l’vide temporaire du silence, on peut presque entendre les rouages qui tournent. Tic, tac, tic, tac, tic, tac. Tic. Il amorce une tentative de parole. Tac. « QUOI ? » Boum. Y’a son exclamation qui vient de souffler la rue, et le gamin jette des petits coups d’œil vaguement anxieux partout. Sauf sur la fille bien sûr.

« Pourquoi tu m’as pas dit ?? T’aurais pu venir à la maison… » Ouais, la maison de Remie. Il y a pensé plusieurs fois évidemment, dans la rue, après avoir déménagé dans le squatt de l’autre bout du rail, en marchant de bouffeur de pizza en bouffeur de pizza, sous la pluie. C’est un peu sa seconde baraque chez les Banks, si pas sa première, parce qu’à force il devrait presque payer un loyer et écrire son nom au stiff noir sur la boîte aux lettres. Il n’arriverait pas à dénombrer les heures passées sur le lit de sa pote, à l’embêter, à lui tripoter les cheveux, à les imaginer ailleurs, à faire coucou à Rex qui passe et qui lui fait un fuck. C’est sûr qu’il aurait pu aller là-bas. Mais. C’aurait pas vraiment été sa rébellion à lui, v’voyez ? Aussi stupide soit-elle. Parce que justement ça sent comme à la maison. « Une fois, Rex et moi on a caché une réfugiée pendant trois semaines dans la maison et Maman l’a jamais remarqué. » Lio hausse les épaules, large sourire qu’a déjà retrouvé sa place sur son visage, regard qui se relève quelque part entre la bouche et les yeux de la blonde. Ouais, il s’en souvient ouais. C’pas comme si Remie l’avait baratiné avec ses exploits de Marshall pendant des mois durant. « Et elle s’en est sortie ? » qu’il demande d’un air faussement innocent, comme si c’était la une des journaux.

Y’a un truc qui va pas avec Remie. C’est pareil que si elle avait mangé un poivron et qu’elle avait senti l’goût du piment, et qu’elle avait souri et avalé. Y’a comme le trucage de la comédie quelque part. Lio fait une drôle de moue avec ses lèvres quand c’est au tour de l’autre de baisser la tête. « Hm, t’as pas envie d’bouger ? De toute manière ça fait longtemps que ton bus s’est barré. On pourra piquer un vélo pour rentrer plus vite si tu veux. Tu sais histoire de coller avec le background du quartier. » Lio, il fait son petit bandit, mais y’a sa bête de course qui l’attend au bas du perron. « Et tu dors où maintenant ? Comment tu fais ? » Le kid l’observe de traviole en marchant, avec les pas qui font balloter un peu l’image. Il répond à moitié, l’autre demi de lui-même est occupée à autre chose. « Baaah, j’ai trouvé des gens pas loin d’ici, c’est tout près du train. Ils sont sympas. Et ils ont une baraque. Du coup c’est cool. » Lio s’arrête brusquement, comme ça, sans prévenir, et il accroche la manche de la fille au passage pour pas la perdre. Il lui enfonce un doigt dans l’épaule. Y’a de l’inquiétude diluée au questionnement qui baigne dans ses yeux. « Eh, toi, ça va ? Pourquoi tu m’as pas engueulé comme du caca ? T’es bizarre. Fin, plus que d’habitude. » Ils jouent parfois au jeu très con de l’alien, c’est à celui qui se montre le moins ordinaire et le plus dérangeant en public. Sauf que c’est pas ce dérangeant là en temps normal. « C’est ta mère ? C’est ta mère qu’a découvert le Bailey’s ? C’est moi ? C’est les gens au lycée ? Alleeeez, parle, s’tep’. Réponds, réponds, réponds, répondsrépondsrépondsréponds. » Le garçon peut se montrer très convainquant quand il le veut. Si tel est bien le mot.

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MessageSujet: Re: tu délires (lio)   Mer 4 Avr - 19:45

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la réfugiée dans la maison, ça, à rex et à moi, c'est notre exploit du siècle. elle était japonaise, je crois. et elle portait dans son soutien-gorge des fleurs de lotus qu'elle avait ramenées d'inde. rex et moi on lui a inventé une histoire sans trop connaître la vraie. l'anglais, elle le parlait qu'en signes vagues de la main. pour nous, elle a voyagé à dos d'ânesse jusqu'au bout des terres du japon. l'animal a été teint en vert aquarelle à force de se baigner dans des eaux polluées. devant la mer, la réfugiée a attendu longtemps. les vagues de l'océan étaient dessinées comme la calligraphie japonaise. elle a traversé le monde en paquebot, puis à pied, de ville en ville, de langue en langue, de plus en plus étrangère. elle est arrivée chez nous avec fuck all. juste une petite broche en argent que j'ai encore à la maison, rangée dans ma table de chevet.
oui. oui, elle s'en est sortie.
rex raconte mieux que moi cette histoire.
— hm, t’as pas envie d’bouger ? de toute manière ça fait longtemps que ton bus s’est barré. on pourra piquer un vélo pour rentrer plus vite si tu veux. tu sais histoire de coller avec le background du quartier.
je me mets à marcher sans rien dire. voler des vélos, c'est pas ce qu'aurait fait la réfugiée japonaise. elle, elle aurait volé des ânes couleur vert pastel. lio me parle de gens que je connais pas, du train que je vois pas, d'une baraque qu'est ni la sienne, ni la mienne et tout d'un coup, j'ai peur que lio soit en train de faire comme rex. je lui jette des yeux en éclairs qui doutent. des éclairs au chocolat tout écrapoutis. il a déménagé, lui aussi. pas comme un grand, plutôt comme un petit vu comment il s'y est pris comme un manche à balais, mais il a bien déménagé. j'ai le cœur qui fait des conneries, comme quand je vais pleurer.
eh, toi, ça va ? pourquoi tu m’as pas engueulé comme du caca ? t’es bizarre. fin, plus que d’habitude.
quoooooiii ? je suis fuck all pas bizarre, jeeeee-
c’est ta mère ? c’est ta mère qu’a découvert le bailey’s ? c’est moi ? c’est les gens au lycée ? alleeeez, parle, s’tep’. réponds, réponds, réponds, répondsrépondsrépondsréponds.
LIOOOO, STOP, C'EST BON LÀ, ARRÊTE ! je gueule mais mon rire se pogne dans ma gorge en même temps que mes mots. c'est des étranglements qui sortent et je gueule alors de rire plutôt que de gueuler de colère. un rire qui dure pas longtemps, un rire orage. le temps de chicaner le ciel. je deviens le reste de pluie qui fait gondoler les feuilles mortes et les doigts de pieds. en fait, c'est que... rex, il est parti. il a déménagé loin et il oublie toujours de téléphoner et je crois qu'il va m'oublier. j'hausse les épaules comme si c'était pas grave, parce que ça l'est pas trop. rex, c'est pas mon frère pour vrai de toute façon. on se ressemble pas, on a pas la même peau. ce qui est grave, c'est lio et tout son beau bordel. mais tant que t'es là, toi, ça va, hein. je vais pas me mettre à brailler quand même. mais j'ai un peu peur. comme avant les montagnes russes, juste avant de monter dedans. la peur de la parano qui veut pas que le temps se couvre, qui aime mieux ça quand c'est tous les jours pareil. faut pas trop faire changer les choses autour de moi. j'suis équilibriste précaire.

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MessageSujet: Re: tu délires (lio)   Sam 7 Avr - 2:52

tu déliresLe disque qui s’raie encore et encore, revient en arrière, répète inlassablement la même séquence, ça a l’air de porter sur les nerfs de Remie. Ça se voit à son nez qui s’tord et ses yeux qui annoncent de pas belles choses. Entre le cri et la main qui va partir dans la face de Lio. Lio, il sourit un peu, il a son refrain incessant qui s’emmêle légèrement à cause de ça. « LIOOOO, STOP, C’EST BON LÀ, ARRÊTE ! » Cette fille ne sait pas bien faire la fille en colère, parce que y’a son rire qui s’étouffe dans sa gorge et plus de fatigue que de rage au fond de la voix. Ça dure pas bien longtemps, Lio regarde sa meilleure amie succomber à la tristesse, avec les épaules qui s’relâchent et la tête qu’a l’air un peu perdue, un peu désespérée.
Il s’avance pour être à sa hauteur et recommence tout doucement à marcher. « En fait, c’est que… Rex, il est parti. Il a déménagé loin et il oublie toujours de téléphoner et je crois qu’il va m’oublier. » Le garçon a un petit rictus sorti d’on sait pas trop où, celui qui dit "j’aime pas c’que tu me dis c’est triste c’est moche". «  Aye putain ça craint… L’est parti quand ? » Rex assaille son esprit de souvenirs–détails sans rapport ; l’enfant qui a déjà quelques centimètres en plus que sa sœur, des habitudes de big brother qu’en a rien à foutre de la mioche mais qui défoncerait quiconque s’en approche, une basket perdue, des paroles exaspérées, une porte qui claque, Rex. Rex il est tellement implanté dans la vie d’Remie que ça devient impossible de les séparer pour l’reste du monde. « Mais j’suis sûr qu’il t’oubliera pas. Ça s’peut pas, c’est beaucoup trop perché comme idée. Il finira par revenir au bout de quelques semaines parce qu’il aura peur que tu lui envoies un dragon s’il le fait pas. Et pis au pire c’est toi qui viendra l’chercher par la peau du cul dans ta putain d’fusée d’astronaute. » Lio mime avec son corps entier un avion qui part dans l’espace, deux bras écartés pour attraper plus de vent, comme s’il était pas au courant que son petit cinéma ne rime pas tout à fait avec ses paroles. « Mais tant que t’es là, toi, ça va, hein. Je vais pas me mettre à brailler quand même. » Le kid tourne son regard vers sa compagne et abandonne ses ailes de chair et d’os. Il hoche la tête, y’a le sempiternel sourire qui retrouve sa juste place au creux des lèvres. « Beh, tu pourrais hein, en soi t’as la belle voix des gens qui crient. Pis ça ferait peut-être revenir Rex s’il l’entend. » Lio l’imagine bien mère, plus tard, mère de toute une flopée de gosses qu’elle mènerait à la baguette. Quand elle aurait gagné un peu de hauteur et des vêtements plus adultes et quelques dizaines d’années, ouais.

Les gamins finissent par retomber un peu plus près du centre. Y’a les rails–barrière qui s’étendent à moins d’un mètre de leurs pieds. Lio tend latéralement son bras en travers de la poitrine de Remie pour l’arrêter, un brin solennel. Tous les habitants d’Crescent savent que c’est une ligne importante dans la ville, la distinction entre les bons et les mauvais, les chanceux et les damnés, la lumière des néons et le noir de la crasse. Avant, ils y allaient quelques fois pour s’improviser caïds même s’ils faisaient pas très bonne impression, avec leurs fausses cigarettes en bouche et leur démarche de gros. Et Lio, il a toujours l’air aussi extraterrestre dans les méandres de c’quartier nouveau. « Tu penses que si on plantait des lampadaires dans Night Fall et qu’on les laissait pousser ça ferait moins peur aux gens du centre, là-bas ? Si ça se trouve on n’a juste jamais montré comment s’occuper de lampadaires aux habitants du sud. Si ça se trouve c’est la solution tellement simple que personne n’y a pensé. » Ce que dit Lio est très con, alors il hausse les épaules et enjambe le serpent de fer sans attendre de réponse. « Tu dois aller quelque part ? »

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MessageSujet: Re: tu délires (lio)   Jeu 12 Avr - 18:05

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on marche à moitié sur le trottoir, à moitié dans nos têtes et à moitié dans la rue. on marche toujours comme ça, lio et moi. en traviole, pas trop calculé, les pas irréguliers. on s'pitche l'un sur l'autre, on s'cogne et on bascule, les pieds pognés dans une bouche d'égout.
ça va faire trois semaines. trois semaines que j'ai déménagé dans l'ancienne chambre de rex et que je parle plus à personne en dehors de la maison. personne sauf lio. mais lio était nulle part et j'ai cherché longtemps. pas à l'école, pas chez lui, pas chez moi. lio était plus là, rex plus là, et j'm'embrouille encore dans ma colère et ma tristesse et je sais pas faire la fille en colère-tristesse donc ça m'énerve.
—  mais lio. rex il est parti pour de bon et il va pas revenir, j'le sais. il a dit qu'il allait faire sa vie là-bas. genre comme un grand. et ça me fait chier parce que moi j'suis pas grande et j'comprends rien et ça m'ÉNERVE !!!!!!! EN PLUS J'SUIS PAS ASTRONAUTE PARCE QUE MADAME STENFIELD A DIT À MAMAN QUE J'FOUTAIS RIEN EN CLASSE !!! madame stenfield, c'est une prof de math qui sent la bière et qui fume comme une cheminée en plein hiver. madame stenfield, elle me crisse de ces esti de tests fucking difficiles dans la gueule tous les lundis. madame stenfield, elle s'est moquée de moi quand j'ai déclaré haut et fort dans la classe que j'allais devenir astronaute. j'la déteste en maudit, elle et sa grosse face dégueu.
—  beh, tu pourrais hein, en soi t’as la belle voix des gens qui crient. pis ça ferait peut-être revenir rex s’il l’entend.
lio, il a toujours de ces phrasés qui m'font me demander s'il était pas poète dans une autre vie. lio, il a l'allure de la pluie dans la nuit, contre la fenêtre. rassurant.
AAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!! j'suis pliée en deux, pas de rire, mais d'épuisement, les bras enroulés autour de mon ventre. j'ai l'impression d'avoir jamais crié aussi fort de ma vie. j'ai l'impression que c'est toute ma colère que je dégueule en note stagnante dans le petit quartier paumé. une rage dans l'cœur, j'ai l'impression que le hurlement veut dire plus de choses que tous les mots d'une encyclopédie réunis.

on marche toujours à moitié n'importe comment, perdus dans les rues, dans un dédale de noms de rues, dans les rues que je reconnais pour y avoir lancé des cailloux, des œufs, des poubelles. on avait un jeu, quand on était plus petits. on traînait les poubelles que les gens mettaient dehors et on les lançait dans la rue pour créer des embouteillages. on les lançait tellement haut qu'on avait peur qu'elles restent bloquées sur le dessus des lampadaires.
lio, les lampadaires ça se plantent pas comme ça, faut récolter les ampoules qu'il y a dedans avant. après faut aller chez l'électricien pour qu'il dise si on peut planter l'ampoule ou pas. des fois, les ampoules elles sont pas vraiment faites pour devenir des lampadaires. ça ressemble aux humains, dans l'fond.
—  tu dois aller quelque part ?
nan, maman est chez mamie. tu me montres ta nouvelle maison ? je peux faire des dessins dans ta chambre pour que ce soit pas tout triste ?
j'ai comme l'envie de traverser les rails comme un doigt aurait envie de tout mélanger les rails de coke d'un camé. refais ta ligne, enculé, c'était pas droit. je traverse, j'enjambe derrière lio. je lui prends le bras pour pas qu'il s'enfuie trop loin et on continue notre route dans night falls.

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MessageSujet: Re: tu délires (lio)   Ven 13 Avr - 2:16

tu déliresLe visage de Remie, c’est le tableau du peintre somnambule. Y’a des coups de pinceau de trop et des traits pas clair, pas net. C’est indécis et c’est beau, sauf qu’on sait que derrière y’a plus que du flou artistique. Lio balance son bras pour entourer son amie, bascule trop, on dirait deux alcooliques rentrant de l’école. Deux écoliers alcooliques. « Mais Lio. Rex il est parti pour de bon et il va pas revenir, j’le sais. Il a dit qu’il allait faire sa vie là-bas. Genre comme un grand. Et ça me fait chier parce que moi j’suis pas grande et j’comprends rien et ça M’ÉNERVE !!!!!!! EN PLUS J’SUIS PAS ASTRONAUTE PARCE QUE MADAME STENFIELD A DIT À MAMAN QUE J’FOUTAIS RIEN EN CLASSE !!! » Le garçon est obligé de s’éloigner un peu parce que ça bouge trop une Remie en colère qui gueule, même s’il reste pas bien loin. Il attend que l’orage passe un peu pour parler. On dirait une véritable fontaine glougloutante à côté des derniers éclats. « Bah Madame Stenfield se prend pour Hawking alors qu’elle a un job qu’elle déteste, des élèves de l’école en amis Facebook, et un mari qu’elle aime pas. On l’a vu une fois sur son téléphone. Elle serait même pas capable de sauter dans un jeu vidéo et d’défoncer tous les PNJ comme toi. »

Un peu plus tard, ça commence à crier. « AAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!! » la blonde se plie comme une feuille écrasée, et Lio saute à côté en levant des poings de victoire. « OUAIS, T’ES UNE FUCKING CRIEUSE PROFESSONNELLE ! »
Il attend encore un peu avant de reprendre la route. C’est con, il a évité de prendre une bouteille d’eau à cause des cassettes et des disques durs qu’il trimballe, et pourtant ils en auraient bien besoin maintenant. Alors, pour combler le vide, il cause. « J’suis sûr que si tu hurlais comme ça à Stenfield que t’en as marre, elle te verrait plus de la même manière. Déjà parce que t’as un sacré tonneau même si on pourrait croire que non, et ça c’est bien pratique parce que… parce que. Et puis tu sais manier les mots alors qu’elle elle a des chiffres. Les chiffres c’est ce que les gens ils ont déjà fait, les mots c’est ce qui trace le destin. Les mots ça fait des images alors que les chiffres ce ne sont que des lignes, des lignes tout partout. Tout plat. Tout nu… t’as récupéré ? Ah bah on peut repartir alors. »

Ils finissent par s’égarer et de la réalité et de leur conversation. « Lio, les lampadaires ça se plante pas comme ça, faut récolter les ampoules qu’il y a dedans avant. Après faut aller chez l’électricien pour qu’il dise si on peut planter ou pas. » Lio, il écoute le blabla de Remie trop scientifique pour lui. Ça n’a pas la consonance brutale des gens en blouse blanche qu’on croise dans les repères de fous, ni celui du gars à la TV qui secoue un flacon de détergeant. Et pourtant, il sent que la fille tient un truc vrai. « Des fois, les ampoules elles sont pas vraiment faites pour devenir des lampadaires. » Le garçon fronce les sourcils et baisse le regard sur le bitume. Il se demande. Si cette mer de gris, là, c’est propice pour faire pousser des lampadaires. « Peut-être que c’est le sol qui n’est pas bien des fois ? Peut-être que si on plante l’ampoule dans du bois, ça fait une lampe de chevet, ou un lustre si on enfonce l’ampoule à l’envers. » Ses mots sont le reflet de ce qu’il a souvent en trop dans son crânevisae. Ça s’agite dans tous les sens, ça fait le bruit de l’argent qui claque, ça fait des petits flashs de lumière dans les yeux, pis ça sort dans des paroles pas très cohérentes. Les idées pas très réalistes d’un gamin qui se forge sa propre réalité, bordée d’astronautes pas matheux et de lampadaires cultivés.
Lio secoue la tête, parce qu’ils sont arrivés au chemin de fer. Il a beau faire son type solennel, ce n’est qu’un passage. Ce sont juste deux lattes de métal se frayant un chemin dans les faubourgs. Juste du gravier. Et du métal. Le kid relève le menton, change de sujet, change l’aiguillage des pensées. « Nan, Maman est chez Mamie. Tu me montres ta nouvelle maison ? Je peux faire des dessins dans ta chambre pour que ce soit pas tout triste ? » Il fait des calculs savants, plus compliqués encore que pour se demander si la moquette est plus fertile que le goudron. « Euuh, ouais, mais j’dois être chez Mr. Thenton à cinq heures. Et il esssst… Quatre heures trois. Faudra juste pas traîner. » Il balaie ses dires d’un geste de la main car, au fond, ce n’est pas très important. En même temps, ses doigts indiquent la destination, tout droit vers la gauche. « Couper par le chemin de fer, ce sera plus facile. » Il saute sur le rail le plus proche, vacille, et joue à l’équilibriste sur sa poutre rouillée carmin. Le tchac tchac du matériel informatique l’accompagne à chaque pas. « Eeeeeh pour la nouvelle maison… » qu’il lance par-dessous son épaule, penché sur le côté, à deux doigts des fougères. « … Tu verras p’têtre les colocs ! Y’en a ils sont vraiment barges, tu devrais bien les aimer. » Y’a ce mec, là, presque aussi blond et blanc que ne l’est Remie. On pourrait presque dire qu’ils ont le même père. Pis ils ont tous les deux des voix faites pour gronder. « Mais j’pense que Jo sera pas trop contente si tu dessines par contre. Jo c’la proprio. On pourra faire le dessin en petit, près de mon lit. Pis j’verrai ton graffiti en m’endormant comme ça. » Il, il s’arrête soudainement, en équilibre étonnamment stable. Il lève les mains au ciel et les écarte largement comme on décrit un arc-en-ciel. « Remie Banks la faiseuse de rêves. » Pis y’a la bourrasque de trop, et Lio il tombe du côté des mauvaises herbes.

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votre gagne-pain ne m'intéresse pas.
je veux savoir de quoi vous vous languissez
et si vous osez rêver de rencontrer
ce dont votre coeur se languit.
votre âge ne m’intéresse pas.
je veux savoir si vous accepterez
de prendre le risque
d’avoir l’air idiot pour l’amour,
pour vos rêves,
pour l’aventure d’être vivant.
– oriah mountain dreamer
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tu délires (lio)
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