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 out her head, out his mind (gem)

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- some guys really can't hold their arsenic -
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MessageSujet: out her head, out his mind (gem)    Ven 10 Aoû - 6:57

It's her and I mobbin' 'til the end of time
Only one who gets me, I'm a crazy fuckin' Gemini
Remember this for when I die
Everybody dressed in all black, suits and a tie

Phares éteints, le pick-up progresse en silence en terrain inconnu. S'il connaissait Crescent comme sa poche, Orange Grove restait un mystère presque entier que Gemma était en train de l'aider à percer. Sa voix le guide dans les méandres du quartier le plus riche et froid de la ville dans la chaleur moite de l'été. Nikos sait qu'ils sont non loin du Manoir. Il finit par reconnaitre les séquoias, signe qu'ils sont dans le périmètre doré. Tel un enfant qui prend soin de ne pas colorier hors des traits, ils longent minutieusement la pompeuse clôture qui entoure le Manoir. Elle lui indique de chercher la petite porte entre les haies, celle par laquelle le personnel de maison pénètre pour sortir et rentrer les poubelles. Et docilement il s'exécute, scrutant dans l'ombre le fameux portillon. Jamais il n'aurait pensé revenir un jour ici, encore moins avec elle sur le siège passager. Quatre jours s'étaient écoulés après ce revirement de situation/relation improbable. Lorsqu'elle avait levé la main vers lui, juxtaposition parfaite de leur première rencontre, il avait du faire appel à tout le self-control dont il était capable pour ne pas l'attirer vers lui et commettre le crime de poser ses lèvres sur les siennes après tout ce qu'il s'était passé. Ce bouleversement était tombé à point nommé après son altercation avec Mila à laquelle il refusait de penser. Cette nouvelle "amitié" lui demandait toute sa concentration. C'était perturbant, inhabituel et un peu grisant. C'était comme rendre à nouveau sa présence légitime. Lui qui avait toujours jalousé la place qu'elle octroyait à ses amies, les seules qui trouvaient grâce à ses yeux dans ce monde si hostile. Voilà qu'il était propulsé à ce rang qu'il avait réclamé sorti de nulle part. Comme si c'était la suite logique du fiasco qu'avait été leur histoire. Il ne savait pas ce qu'il espérait avec cette tentative de renouer. Leur rendre leur lettres de noblesses, certainement. Est-ce que ça pouvait marcher ? Pouvait-il se voiler la face à ce point ? Pourrait-il être juge maintenant qu'il n'était plus parti ? Il avait envie de le savoir. Il avait envie d'y croire. Il lui jette un regard à la dérobée, tandis qu'elle guette la vision du portillon se découpant dans la végétation du mur végétal. I don't know what we're up to but those damn flat shoes you're wearing got me feeling we're not heading to some fancy art exhibit. Il avait cru à une hallucination lorsqu'il l'avait vu de l'autre côté de la rue de Lion, l'attendant contre le pick-up. Sans parler de sa tenue all black malgré la chaleur écrasante. De l'autre côté du trottoir, il s'était figé un instant pour la regarder. Debout contre sa caisse, il avait presque l'impression que tout dans leur monde était normal. Paisible. Que c'était une nuit comme une autre, qu'ils iraient sûrement mangé chez Denny's. Comme à son habitude, elle prétexterait ne pas avoir faim et il commanderait le seul burger vegan à la carte qu'il demanderait coupé en deux, sachant pertinemment qu'elle finirait par picorer dans son assiette. Puis ils rentreront regarder la dernière série-docu Netflix Dark Tourist, qui provoquerait les foudres de Gemma devant l'exploitation macabre de populations locales pour le plaisir malsain des occidentaux. Il finirait par s'endormir sur elle pendant qu'elle lui caresse les cheveux et-- Stop. Retour à la réalité. Long soupir. Puis on embraye. Sorti de ses rêveries, il s'était finalement résolu à par traverser la route pour la rejoindre de l'autre côté. Il avait fixé ses pompes quelques secondes avant de la regarder en haussant les sourcils, elle avait répondu par un sourire énigmatique et lui avait fait signe qu'il était temps d'y aller. Il avait obtempéré sans discuter. Et c'est ainsi qu'ils s'étaient retrouvés là. Elle lui indique finalement où se garer et il s'exécute. Il se penche par dessus le volant pour observer les abords. Le silence est d'or ici, tout a l'air désert, presque figé dans le temps. Si ce n'est les feuilles qui s'agitent faiblement sous l'impulsion de la brise estivale qui leur permet enfin de respirer un peu, à défaut de compter sur la clim en panne du pick-up. So what's the plan? Incroyable comme ce pick-up semblait destiné aux complots nocturnes.

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Ven 10 Aoû - 10:06

Les mains contre les tempes, occupée à rassembler ses longues mèches rousses en une queue de cheval, Gemma flashe un sourire espiègle à Nikos à travers l'habitacle sombre. "Are you saying you don't like my sneakers? They're very fancy. They're limited edition." Son ton est mutin, faussement choqué tandis que ses pouces glissent dans l'élastique pour resserrer la coiffure en place. Elle peut le faire. Elle est douée pour ça. L'amitié a toujours été sa foutue priorité, diplômée avec grande distinction en loyauté. Sauf qu'il y a une malice presque provocatrice au coin de ses pupilles et elle a conscience que sa position actuelle, bras levés au dessus du crâne, a pour effet de faire glisser son crop top noir le long de son abdomen, révélant quelques longs centimètres de peau laiteuse et, elle le craint, la dentelle qui borde le bas de son soutien-gorge. Elle descend précipitamment les bras, tirant sur son t-shirt afin de le remettre en place. C'est là que le bât blesse, que leur nouveau réglage montre (déjà) ses limites - il n'est pas son ami. S'il l'était, elle n'aurait aucun problème à exhiber son ventre nu qui est, de toute façon, loin d'être un spectacle inédit pour lui. S'il était son ami, elle n'aurait pas composé une liste de ground rules à l'arrière du taxi qui l'amenait au Lion quelques vingt minutes auparavant. La première coule de source : no physical contact. La seconde, floue mais pourtant fondamentale, est catégorique : no flirting. Vu la relativité du terme, un alinéa supplémentaire s'était avéré nécéssaire : if you don't know if you are flirting or not, it means you are. Question de précaution. Si elle adresserait le même badinage à n'importe laquelle de ses amies sans se poser une seule question, dans le huis clos métallique, avec lui, tout revêt un vernis de danger. Au moins, elle ne risque pas d'enfreindre ground rule numéro trois : avoid the Chevrolet at all costs. Pas de souvenirs lascifs abandonnés sur la banquette arrière du pickup puisqu'il n'a pas de banquette arrière. Ici, aucun risque de rencontrer des souvenirs fiévreux dans le rétroviseur, ou c'est ce qu'elle croyait naïvement. Confiante en sa propre souveraineté, elle n'a pas songé que les souvenirs ne sont pas restés sagement là où elle les a posés, qu'ils la suivent partout, lui collent à la peau, ramenés à la vie par le simple fait d'être en la présence de Nikos, dans un espace clos, à l'abri des regards et - focus, woman! "The plan is pretty straightforward. You follow me, you ask no questions and I'll tell you no lies. Quick and stealthy, veni vidi vici." Elle ne s'embarrassera pas d'explications superflues. Elle est le cerveau de l'opération, il en est les bras. Aussi simple que ça. "I would have asked the girls for help but it involves some heavy lifting. You have the muscles and, well, you know the layout of the house." Règle numéro quatre - no reference to 'before' - enfreinte. Et ils n'ont même pas encore quitté la voiture. Un franc succès, cette excursion. Il n'existe pourtant aucune autre façon de le dire, aucun euphémisme pour contourner l'évident : l'existence de Nikos est une des dernières constantes dans la vie de Gemma qui a changé du tout au tout en l'espace de deux mois. Elle ne vit plus ici. Elle ne travaille plus pour Edna. Elle a des amies à nouveau dont, elle s'en rend compte maintenant, il ne sait rien. C'est surtout une façon de lui dire qu'il ne s'agit pas d'un prétexte pour le voir, qu'elle est fermement dévouée à leur résolution commune ; elle l'aurait fait avec n'importe qui d'autre, mais il s'avère qu'elle a besoin de lui.

Lorsqu'elle est absolument positive que le quartier entier dort, que le manoir est immobile, elle se glisse à l'extérieur, fermant la portière avec une douceur exagérée. Nikos est sur ses talons, se glissant derrière elle lorsqu'elle fait glisser le loquet discret entre les haies et se faufile à l'intérieur de la propriété. Le manoir principal leur fait face, impérial au clair de lune, matérialisation presque angoissante d'un conte d'Edgar Allan Poe. De l'autre côté de l'allée de gravier blanc, le manoir en miniature, façade recouverte de lierre, tellement accueillant. Sa bienaimée dépendance ; malgré qu'elle n'y vive plus, ça reste chez elle. Si l'objet de son intérêt et de leur venue se trouve à droite, elle fait cap sur la gauche, droit sur l'entrée de service du manoir. Elle ne peut pas entrer directement dans la dépendance - pas faute d'avoir essayé, mais ces connards d'héritiers ont changé la serrure. Ils agissent comme si Edna était déjà morte et c'est ça, plus que tout le reste, qui fait enrager Gemma. Ils la sous-estiment s'ils pensent que cela suffira à la maintenir à distance. Elle connait cet endroit comme sa poche, tellement mieux qu'eux. La clé de secours de l'entrée des employés se trouve, naturellement, à son endroit habituel dans l'interstice entre deux briques de la façade. Ils entrent directement dans la cuisine et de là, ils ne sont qu'à deux portes de l'escalier menant à la cave, où végète un entassement précaire d'antiquités, miroirs fissurés et toiles d'araignées, éclairés faiblement par la lampe torche sur son portable. Les vautours de descendants Lacroix ignorent probablement que la dépendance communique avec le manoir via la cave. Ou tout compte fait, peut-être pas. Lorsque, au bout d'une seconde volée d'escaliers, ils arrivent face à une porte derrière laquelle se tapit sa cuisine, celle-ci est verrouillée. Pff, amateurs. Quiconque a vécu ici durant quatre ans sait que la serrure est branlante. Un coup d'épaule au bon endroit et - works like a charm. La porte s'ouvre dans un fracas sourd et Gemma, pensant avoir entendu du bruit venant du manoir, s'arrête subitement, forçant Nikos à en faire de même, à un cheveu de son dos. Au moins, la première règle est respectée, bien qu'elle puisse sentir sa respiration dans sa nuque et, au vu de la chair de poule qui s'y crée aussitôt, elle devrait composer une clause spéciale pour ça. Une fois assurée que le son n'a alerté personne, elle pénètre dans la cuisine avec l'assurance de l'habituée. Il a beau y faire sombre, la seule lumière étant fournie par le dernier quartier lunaire, elle sait exactement où se baisser pour éviter les poutres basses et les bibelots qui y pendent. La première chose qui attire son attention, c'est l'orchidée flétrie sur l'appui de fenêtre. Elle se presse pour aller l'inspecter, mais le verdict est sans appel : morte. Cadeau d'un date arrangé par Edna pour une réception guindée, le petit-fils d'une amie. Seules fleurs que Gemma ait jamais acceptées car ce sont les seules dont l'esthétique mystérieuse surpasse à ses yeux les vagues connotations romantiques. "They let my orchid die!" Le murmure est tellement bruyant d'indignation qu'il en devient une antithèse de calme tonitruant. "I should burn this whole place down. Let flames eat their precious inheritance. Those bastards deserve it. They let my fucking orchid wilt and die." C'est bien un maigre crime contre lequel s'indigner comparé à tout le reste, mais c'est celui qui la prend le plus aux tripes car il est physique, criant, visible. Car elle a passé tant de temps à s'occuper de cette plante que l'identification est naturelle et il est impossible de ne pas voir un peu d'elle-même dans la majesté asséchée, fanée face à la négligence de ses protecteurs.

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Ven 10 Aoû - 12:02

Evidemment qu'il avait remarqué son croc top se relever sensiblement. Evidemment qu'il avait reconnu du premier coup d'oeil son soutien-gorge. Elle l'avait même oublié sous le siège passager de la Chevrolet, une fois. Mais il a poliment détourné le regard. Fait semblant de ne pas avoir vu ce terrain connu mais désormais interdit. Des règles Nikos n'en a aucune si ce n'est celle de s'appliquer soigneusement à devenir l'ami dont elle a toujours rêvé. Il est prêt à être tout ce qu'elle lui demande d'être. Serviable, secret, fort, présent. Le nouveau rôle qu'il endosse le sert un peu (beaucoup) aux épaules mais il est trop fier de porter l'uniforme pour se soucier des retouches qu'il ne pourra de toute manière jamais réclamé. C'était son idée et rien que pour ça, c'est à lui de s'assurer de la bonne conduite du projet. Ils avaient entamé le premier chapitre par une virée en pick-up jusqu'à Orange Grove et c'est incroyable la facilité avec laquelle ils interagissent l'un avec l'autre. Elle parle de ses baskets et il hoche la tête non sans un sourire complice. Of course they are. Pas de malaise, ni de silence trop long. C'est comme si les choses avaient toujours été telles qu'elles le sont à cet instant T. Lorsqu'il éteint le moteur, il essaie de ne pas se laisser submerger par les souvenirs de toutes les fois où il avait fait ce simple geste en sa présence. Un simple geste qui était clairement le "go" de leurs ébats, même pas le temps de reculer le siège qu'elle était à califourchon sur lui en train de marquer son cou de bleus qu'il s'emmerdait même pas à cacher le lendemain au taff. Aujourd'hui ça annonce seulement le début d'une expédition nocturne inattendue à laquelle il a consenti à participer avec un entrain qu'il avait du dissimuler. N'empêche qu'elle éveille sa curiosité avec tous ses mystères. Il la dévisage dans la pénombre tandis qu'elle parle de ses 'amis'. Quels 'amis' ? Elle était partie d'ici parce qu'elle n'avait plus personne et maintenant elle lui parlait d'amis ? Il garde le silence parce que maintenant lui aussi fait parti de ces 'amis'. Interdit de le relever. Ils sont censés être au dessus de ça maintenant même si ça ne fait pas trop de sens et qu'il aimerait en savoir sur ces prétendus amis. Roger that, boss lady. Il a comprit le message, ce soir il n'était que les muscles et elle était la tête. Le tableau est surréaliste mais contre toute attente il sonne juste pour lui. 

Leurs pas crissent sur le gravier qui mènent au Manoir. Il n'est pas dépaysé outre-mesure, faut dire qu'il ne s'est jamais pointé au Manoir en plein jour. Soit au petit matin, soit au beau milieu de la nuit. Le crépuscule ou l'aurore, l'un ou l'autre mais jamais le plein soleil. Il marche dans ses pas, et machinalement son regard coule de ses cheveux jusqu'à ses fesses. Aka ce qu'il considérait comme la septième merveille du monde. Il s'était demandé mille fois comment il était possible qu'elle ait un cul pareil sans jamais daigner fouler un tapis de course ou effleurer des poids libres. Un putain de mystère. Il se demande si-- Stop. Il se prend lui-même en flagrant délit-délire de perdition totale. Ce qu'il peut être con et primitif. Heureusement pour son instinct animal, il doit se concentrer à nouveau pour ne pas se heurter à quoique ce soit maintenant qu'ils ont réussi à pénétrer la forteresse. Il devrait sans doute se poser un tas de question sur la raison de leur présence ici mais ce n'est pas le cas. Etrange comme il parvenait à lui vouer une confiance aveugle. Etait-ce un effet secondaire de leur nouvelle prétendue amitié ? Difficile à dire mais le fait est qu'il la suit dans les ténèbres de l'escalier qui mène à la cave. Quand ils se retrouvent bloqués devant la porte, Nikos a à peine le temps d'articuler Let me help-- qu'elle donne un coup d'épaule sec à la porte qui cède. That was... Impressive. Mais voilà qu'elle s'arrête subitement, Nikos a besoin de se rattraper au mur pour ne pas l'écraser de tout son poids. Sens aux aguets, il tend l'oreille lui aussi mais n'entend rien si ce n'est le silence. Il s'arrête à exactement trois millimètres d'elle et même dans l'obscurité il peut voir ton t-shirt noir se fondre avec son croc top de la même couleur. Soulagement lorsqu'elle recommence à marcher. Tous deux évoluent dans la cuisine et Nikos regarde avidement autour de lui, comme un enfant débarquant à Disneyland. Il n'a jamais eu accès à cette pièce lors de ses très peu nombreuses visites au Manoir. Et c'est quelque chose. Tout lui ressemble. Douloureusement. Raison de plus pour s'auto-congratuler de s'être rangé dans cette brand new catégorie. Il avait accès à des pans d'elle jusqu'ici inconnus. Ses yeux ne savent plus où regarder lorsque soudainement sa voix le coupe net dans son avidité de nouvel explorateur. Wait, is this why we needed the pick-up for? We could have just--  Mais devant le regard noir qu'elle lui lance, il se reprend immédiatement. I mean I am sorry about your orchid. That was very insensitive of them. Il se tourne, fait les gros yeux conscient d'avoir échappé à un crochet du droit et fait le tour de l'ilot de la cuisine. Il passe sa main sur le comptoir. Evidemment que c'est du putain de marbre immaculé. Your kitchen looks like you know how to cook. Il est à deux doigts d'ouvrir le frigo pour en inspecter le contenu avant de se souvenir que ça fait une éternité qu'elle est pas venue ici. Depuis le jour où elle était venu jusqu'au Lion dans l'espoir qu'il lui vienne en aide. Cette simple pensée le ramène à la raison de leur présence ici. Il a besoin de détendre l'atmosphère, détourner son attention de cette plante qui lui donne des envies d'incendie destructeur. I hope we're not here to move out you dressing-room Gem, one thousand trip with the pick-up won't be enough let's be real. Mais elle avait demandé de ne pas poser de question, il doutait donc que ça soit quelque chose d'aussi banal que des fringues hautes-coutures et des sacs à main hors de prix.

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Sam 11 Aoû - 9:07

"Not my kitchen anymore," prononcé d'une voix chantante étrangement proche du grommellement, qui se veut cynique mais ne se montre que blessée - à l'instar de sa propriétaire. Il y a quelque chose d’écœurant dans le simple fait de se tenir droite, chez elle, sans pouvoir allumer le plafonnier. Devoir se fier aux lambeaux de pâleur lunaire et son sonar de familiarité comme une foutue chauve-souris. Car pousser un interrupteur constituerait un risque de se faire repérer par le manoir alors qu'elle a été expressément avertie de garder ses distances ; or else... Gemma est frappée par l'absurdité amère de devoir entrer par effraction dans sa propre maison. Le droit du sang n'a qu'une emprise légale, mais tant qu'elle sera dans les parages, la dépendance n'appartiendra jamais aux Lacroix, elle s'en est fait la promesse. À part les vieilles pierres, tout est à elle ici. Tout s'est créé avec son temps et son attention, ne répond qu'à ses ordres, y compris l'oxygène et un cadavre d'orchidée. Elle repose le pot funeste sur l'appui de fenêtre, abattue. Dans d'autres circonstances, ou peut-être avec quelqu'un d'autre, elle aurait pincé les lèvres, menton au plafond. Aurait répliqué que non, il a raison, elle ne cuisine pas, mais le large plan de travail est idéal pour hacher la chair des fruits exotiques et l'ego des fuckboys. Elle n'aurait pas laissé l'affront - même bénin - impuni. Sauf que la vérité est celle qui s'échappe de ses lèvres, aussi cuisante soit-elle. Ce n'est plus sa cuisine. C'est pourtant bel et bien son orchidée sur l'appui de fenêtre, son courrier laissé intact sur le plan de travail, ses talismans accrochés aux poutres, son carillon éolien dans l'embrasure, jusqu'à son clair de lune jouant dans ses cristaux qui luisent sur une étagère. Mais ce n'est plus sa cuisine. La voix de Nikos l'arrache à sa nostalgie et elle tique immédiatement. Par réflexe, elle lui lance un regard acariâtre au dessus de son épaule avant de se baisser, s'appliquant à fouiller l'armoire à côté de la fenêtre. "Don't call me Gem. You only call me Gem when you want to placate me." Il pense sans doute qu'elle n'a pas remarqué. Ou peut-être que lui-même n'a jamais déchiffré son propre code, pourtant tellement simple. Elle est Gemma dans l'agacement, G dans l'affection, et Gem lorsqu'il faut la désamorcer. Elle se refuse à la docilité, à être composée de boutons qu'il suffit de presser. Ne trouvant pas ce qu'elle cherche, elle ferme l'armoire dans un claquement sec. Ayant oublié son devoir de furtivité, elle compense le bruit involontaire par des chuchotements. "And you really think I'm that shallow, uh?" Elle sait que la réflexion à son dressing est une boutade, il n'empêche que le choix de diversion de Nikos est parlant. Elle avait fini par supposer qu'avec le temps, il avait cessé de la voir comme une silly little rich girl, mais tout porte à croire qu'elle n'échappera jamais à son propre cliché. Tant qu'elle portera des jupes et du lipstick de marque, tant qu'elle sera fluette et ornée de bijoux, elle continuera à être la princesse de son propre conte alors qu'elle s'en réclame la sorcière. "I know I have a screwdriver somewhere around here, check those drawers?" Elle désigne l'îlot où Nikos se trouve déjà, le laissant enquêter le fouillis des tiroirs. Rien de tel que son désordre ésotérique pour guérir l'OCD de Nikos... Ou l'exacerber. Pendant ce temps, elle escalade le plan de travail. Elle sait qu'elle a des outils qui traînent au sommet de ses meubles de cuisine et, debout sur le marbre, elle investigue la surface du bout des doigts. Derrière les bocaux remplis d'herbes aromatiques séchées, qu'elle avait l'habitude de servir en infusions aux vertus diverses et variées à ceux qui venaient chercher leur avenir auprès d'elle, sa paume s'enroule autour d'une lame courbe. Parfait. Elle se retourne, dos à plat contre la porte vitrée du buffet, surplombant la cuisine. Lady Liberty sur son piédestal, brandissant un sécateur en guise de torche. "Found it? We have to head upstairs, stat." Depuis son promontoire, elle croise le regard de Nikos et ça la prend à la gorge. Lui. Dans sa cuisine. Missionné par elle à explorer ses possessions. Elle est assaillie par le paradoxe de sa présence ici, profondément choquée que ça ne soit pas plus choquant. Elle est restée farouchement fidèle à ses secrets durant des mois, presque une putain d'année. Ne lui a laissé voir qu'une facette par peur qu'il la perce à jour. Même quand elle a appris à lui faire confiance, même après lui avoir donné les armes pour l'atteindre en plein coeur, elle est restée énigmatique. Il a suffit qu'il trace une ligne dans le sable pour qu'elle se livre. La logique opérante a beau être fucked up, elle n'en est pas moins infaillible. Elle a passé des années à compartimenter, à réserver le meilleur d'elle-même pour ses amours platoniques. Ça n'aura pris que six mots - I think we should be friends - pour qu'elle l'invite à l'intérieur. A la seconde où il a fermé la porte de la chambre, elle lui a offert la clé du reste.

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Dim 12 Aoû - 5:51

Un éléphant dans un magasin de porcelaine, Nikos se tient droit comme un i et n'ose toucher que des yeux. Et ça vaut autant le comptoir de sa cuisine que sa silhouette qui se découpe dans l'obscurité de la pièce. C'est sa voix qui le guide en terrain inconnu et il s'y raccroche un peu trop volontiers. Il y a tellement de questions qu'il aimerait pouvoir poser mais qu'il contient piteusement. Premier rappel à l'ordre qui le fige sur place, le pousse à la réflexion. L'introspection même. Il essaie de se remémorer toutes les fois où il l'a appelé ainsi mais il n'a le droit qu'à un écran noir. Son esprit commence sûrement à lancer un long processus d'occultation nécessaire à sa bonne santé mentale. Elle ignore l'étendue du pouvoir qu'elle a sur lui et c'est sans doute mieux comme ça.  No I don't. Mais le ton est incertain, surtout offusqué. Il est à deux doigts d'argumenter mais il se tait, il concède et laisse son ego grommeler dans son coin. Au lieu de lancer un débat sur les divers usages qu'il fait des dérivés de son nom, il obéit à ses ordres avec la même docilité qu'auparavant non sans marquer le trait. So what I'm supposed to call you now, huh? Bro? Ca le fait même pas rire un petit peu. Il est carrément désemparé, presque un peu vexé de cette nouvelle distance qu'elle lui impose. C'était de son prénom qu'il était tombé amoureux en premier. Intimidant, rare, sacré. Il aimait le son qu'il produisait sur sa langue et il en était de même pour toutes ses variations. Mais soit. Il était prêt à tout un tas de compromis. En lui demandant de checker ses tiroirs, elle n'imagine pas le cadeau qu'elle lui fait. Du Gemma partout et l'autorisation d'y fouiller en plus, que demander de plus. Il a bien conscience qu'il est censé être branché sur une autre fréquence depuis leur entrevue pluvieuse au Lion mais c'est plus fort que lui. Il y a une part de lui qu'il ne peut parvenir à dompter ou raisonner malgré toute la bonne volonté qu'il soit tenté d'y mettre. Nikos ouvre les tiroirs doucement, le plus silencieusement possible et son regard furieux dévore ce qu'il découvre. Des rubans, des boutons de robes, parfois des couverts en argent, puis ce qui ressemble être de la paperasse. Il adorerait revenir une deuxième fois ici pour tout remettre en ordre selon ses goûts mais ce n'est pas sa maniaquerie qui l'obsède à cet instant précis. C'est tout le reste. Tout ce qu'il a le droit de voir avec sa bénédiction. Il trouve un peu trop rapidement le tournevis, au même moment où elle brandit un sécateur dans l'obscurité de la cuisine. Il lève la tête vers elle, à défaut de l'inverse pour une fois, et la vision qu'il a d'elle lui occasionne un joli raté de battement de coeur. Elle est elle-même, elle est vraie. Sans artifice. Mutine, joueuse, taquine presque. Tout ce qu'il adore chez elle. Good job Miss De Salm. Il contourne l'ilot pour la rejoindre et alors qu'elle le surplombe de toute sa frêle stature, il prend une initiative qu'il regrette aussitôt. Il lève les bras vers elle pour la saisir par la taille délicatement. Les yeux dans les yeux, il la repose sur le sol. Un ange passe, sans doute Cece. Pendant un instant, alors qu'il sa bouche n'est qu'à une vingtaine de centimètres de la sienne il songe à envoyer valser toute la volonté de construire et cultiver une solide friendzone. Sorry I didn't want you to twist your ankle or something.  Il avait fait ça tellement facilement, de manière tellement évidente. Non Nikos ne s'était pas fixé de règle. Sans doute parce qu'il se savait beaucoup trop faible pour en assurer la pérennité. Néanmoins sans avoir réfléchi aux do & don't, il se doutait que provoquer le contact ne faisait peut-être pas parti des prérogatives de leur nouvelle et fraiche amitié. C'était bancal, légèrement malaisant et en même temps ça sonnait terriblement juste. Il n'empêche. Là, debout l'un devant l'autre dans l'ombre de la cuisine, il a une impression de déjà-vu qui lui déchire les tripes avec minutie. Il peut sentir son parfum l'enivrer progressivement, il craint même que ce silence total le trahisse, la laissant entendre tous les regrets et les remords que son coeur murmure lorsque la lune est haute dans le ciel comme ce soir. Gêné, il se racle la gorge. Il finit enfin par s'écarter d'elle pour retrouver une distance raisonnable. De toute manière, qu'est-ce qui était raisonnable en sa présence. Avant qu'elle ne change de sujet avec la fausse voix enjouée qu'il lui connait, il la devance. So, what are we here for? I'm being very curious right now and I don't think we have too much time so we should.. Son regard se perd à nouveau dans le sien et encore une fois il se demande s'il sera capable d'aller au bout de cette nuit sans exploser. Il allait avoir besoin d'un foutu entrainement, d'une nouvelle capacité d'endurance. We should get going. Il était capable de tenir 25 minutes de combat dans une cage au centre d'un entrepôt survolté mais dès qu'il était en sa présence plus de 30 secondes, il était préparé à déclarer forfait d'une seconde à l'autre.

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Mar 14 Aoû - 14:29

C'est là tout l'intérêt de ses ground rules pieuses - marquer l'arrêt, tracer les limites qui, après une histoire comme la leur, ont toutes les raisons du monde d'être floues. Gemma sent que son commentaire a eu plus d'impact qu'elle ne souhaitait lui en donner, que Nikos le mâche avec difficulté, et elle est bien décidée à ne pas en démordre. La question qu'il pose est cinglante, presque incrédule sur les bords et ça la surprend plus qu'elle ne l'admet. Elle tente de se raisonner, de se dire qu'il devait savoir exactement à quoi s'attendre lorsqu'il a réclamé une alliance tiède. Évidemment qu'elle allait mettre de la distance, évidemment qu'elle allait instaurer un léger fossé et toute une floppée d'amendements, car c'est ce qu'elle a toujours fait. Même lorsqu'ils couchaient ensemble sans attaches - voire surtout à cette époque - elle obéissait à un code de conduite strict auquel il était forcé de se plier. Tous les conflits entre eux, sans la moindre exception, sont nés de brèches dans le protocole. Ça a beau faire des mois que le résonnement du coup de feu s'est dissout contre ses tympans, Gemma reste persuadée que, s'ils avaient fait preuve de plus de discipline tous les deux, Cece serait toujours en vie. En réalité, elle sait qu'elle doit remonter plus loin que ça. Si elle avait respecté ses propres règles sans s'accorder la moindre exception, si elle n'avait pas laissé le regard de Nikos la pousser à la faute, elle se serait tenue à l'écart. N'aurait jamais traversé le Lion jusqu'au bar, jusqu'à sa main et sa voix et le début de la fin, l'écoulement du sablier sur la feutrine du billard. Elle serait avec Cece ce soir, leurs ombres félines chatouillant les murs en pierres. Elle qui n'a jamais été fidèle sinon, contre toute attente, à lui, tient à ses règles. C'est peut-être une barricade. C'est surtout un décret, juste un, à ne pas briser. La seule chose qui l'empêche de répondre avec le double de sarcasme, de forcer le trait avec un "well, no, not bro, it's miss de Salm to you" est la crainte que ça enfreigne la règle numéro deux et revête des airs badins férocement interdits. Elle se contente de le murmurer dans sa barbe, trop bas pour que les mots parviennent jusqu'à lui. Aussi lorsque Nikos revêt une voix exagérément douce pour l'appeler précisément ainsi, elle est décontenancée. Suffisamment pour ne pas comprendre ce qu'il fait de son côté à elle de la cuisine avant que ses paumes ne grimpent jusqu'à elle. Elles se posent contre sa taille comme un navire rentrant au port, tellement à leur place que Gemma jurerait avoir entendu un clic. La trajectoire verticale se déroule au ralenti, allongée à l'infini par ses hanches affamées, ou peut-être qu'elle se trompe, peut-être que la descente est simplement étirée car il la traite avec une délicatesse insoutenable, poupée de porcelaine reposée avec douceur sur un sol trop rigoureux pour elle. La justification qu'il lui donne, loin d'ôter sa signification au geste, en renforce l'âpreté. Elle est fragile et il s'en fait protecteur. Lorsqu'il réinstaure la distance entre eux, Gemma parvient à redevenir assez lucide pour faire le serment solennel de ne plus jamais la laisser s'amenuiser. "Yes. Right. We - we should-" Aussi éloquente qu'elle parviendra à l'être en cet instant, elle abandonne l'idée de conclure verbalement et, à la place, ouvre la marche jusqu'au salon, puis à travers la cage d'escalier, silhouettes grinçant contre le plancher capricieux, jusqu'à ouvrir la porte de sa chambre. Tout est exactement dans l'état dans lequel elle l'a laissé, capsule temporelle d'une époque qu'elle voudrait éternelle. Le lit est fait - avec empressement et sans minutie -, une encyclopédie est ouverte sur la table de nuit entre un chargeur de portable et une paire de boucles d'oreilles sertie d'émeraudes, une robe est drapée sur le sofa de velours rouge poussé contre le mur. C'est celui qui occupait l'entrepôt autrefois, celui sur lequel ils ont passé une nuit dans une autre vie, avant qu'elle ne décampe au volant de la Chevrolet. Récupéré précipitamment dès que le ruban policier qui ceinturait le hangar fut retiré, avant que toutes les possessions des filles, dispersées dans cet endroit approprié illégalement, ne soient jetées parmi les ordures. Gemma n'a pas le temps d'espérer que Nikos ne fasse pas le rapprochement - il fait sombre et, du reste, la probabilité qu'il voie le fait qu'elle a ramené le sofa chez elle comme une preuve de nostalgie est infime - qu'elle a déjà traversé la pièce en direction de la seule chose qui, dans cet arrêt sur image, a changé. "Momma's home." Le salut affectueux, doublé d'une caresse tendre, est adressé à son bienaimé télescope. Petite merveille de laiton et bois de noisetier lové près de la fenêtre, le nez tourné vers la lune. Au milieu de sa collection de marbre et de soie, c'est indéniablement sa possession la plus précieuse, sa breloque la plus chère. Ça, couplé au fait qu'il s'agisse d'un cadeau d'Edna pour son dernier anniversaire explique le fait qu'une chaine métallique relie le télescope à la poignée de la fenêtre. Elle savait exactement à quoi s'attendre étant donné que c'est ce que le notaire qui l'a chassée du domaine avait menacé de faire. At least they put their money where their mouth is. "It's sturdier than I hoped." A l'évidence, son sécateur sera impuissant. Elle le laisse tomber mollement sur le tapis épais. C'est là qu'intervient le plan B. "Screwdriver." Tel un chirurgien, elle invoque son outil d'une voix décidée sauf que, déterminée à ne pas reproduire les mêmes erreurs deux fois, elle ne se laisse pas approcher. Elle ne tend pas la main ; à la place, elle attend que Nikos lui présente le tournevis pour s'en saisir consciencieusement, fermant les doigts à l'extrémité de la tige, aussi loin que possible de la peau hors-limite. Dès que c'est fait, elle s'applique à la tâche fastidieuse de dévisser la poignée de la fenêtre, rendue d'autant plus ardue que le modèle de tournevis n'est pas adapté, mais il est tout ce qu'elle a sous la main. Elle trouvera bien un moyen de se débarrasser de la chaîne une fois que le télescope sera sain et sauf dans sa nouvelle chambre. Dents serrées pour accompagner l'effort, concentrée sur  sa tâche, elle désigne d'un geste de menton distrait le dressing attenant. "Can you look for some blankets in there? We need to find something to wrap this in." Le pronom lui échappe. We. Il n'engage à rien, paraît totalement inoffensif au sein de sa commande - sauf qu'il ne l'est pas. Car c'est sa chambre, son télescope, sa mission, et Nikos n'est qu'accessoire. Ou c'est ce qu'elle voudrait continuer à croire. Aussi, en guise de compensation, ça s'échappe de ses lèvres à contretemps, sifflement presque reptilien dans la chambre moite, "...bro."

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Jeu 16 Aoû - 2:17

De nouveau, il ancre quasi-aveuglément ses pas dans les siens. Ses yeux sont habitués à l'obscurité maintenant, et pourtant. Il tente tant bien que mal de mettre derrière lui la sensation de bien-être évident de ses mains sur ses hanches. Le regard qu'ils avaient échangé, cette sensation de chaleur diffuse en lui. Si il ne craignait pas de la perdre à tout jamais au moindre faux-pas, il aurait définitivement jouer le tout pour le tout en la serrant dans ses bras. Même quelques secondes. Il aurait aimé pouvoir effacer tout souvenir de la sensation de sa peau nue contre la sienne mais ça ne marche pas comme ça. Il ne peut rien contre la mémoire des corps, encore moins lorsqu'elle est associée à celle du coeur. Il commence à craindre que le concept audacieux de l'amitié atteigne vite ses limites, de son côté du moins. Il imagine Gemma beaucoup trop fière pour se laisser amadouer par ses bas instincts, mais sa faiblesse à lui est évidente. Elle est là. Il pense même qu'elle peut la sentir et c'est pour ça qu'elle s'est dérobée si rapidement. C'est du moins ce qu'il croit. Il la suit à la trace, guidé par la vision hypnotique de sa chevelure rousse sur laquelle vient se refléter tantôt le clair de lune, tantôt les ombres inquiétantes du Manoir. Il reconnait rapidement le chemin qu'ils empruntent au milieu du mobilier baroque. Lorsqu'elle ouvre la porte de sa chambre, il peut presque voir leurs fantômes. Lui assis sur le lit, elle entre ses genoux. Sa main qui vient caresser l'arrière de sa cuisse et la suite de l'histoire qui s'écrit dans un king-size crème. Il vaut mieux pour la suite des événements qu'il réprime ce qui lui noue l'estomac. Il ne connait pas assez bien la pièce pour s'y déplacer avec la même aisance que Gemma alors il se déplace lentement, comme dans un musée dont les chefs d'oeuvre nous intimident. Sa voix perce le silence de la chambre, provoque un haussement de sourcils chez Nikos. Sa main sertie brille dans le noir, contraste avec le bois du télescope et c'est à ce moment précis qu'Avergos prend conscience d'un aspect de sa personnalité qu'il n'avait jamais vraiment considéré : c'était une putain de dork. Et c'était parce qu'elle était une putain de dork qu'ils venaient de rentrer par effraction dans son ancien chez elle. Ils étaient là pour ce foutu télescope. Si Nikos n'avait pas ce réflexe de se réfugier sous les étoiles, à côté du planétarium, il n'aurait sans doute pas compris ce besoin viscéral de récupérer ce bien alors qu'elle aurait pu se le racheter en un million d'exemplaire. Elle exige le tournevis et il s'approche pour lui tendre avant de croiser les bras. Il devine que son rôle sera de le porter, pour ce qui était du reste, il lui est totalement inutile. It's a fucking kodak moment. I never thought that I would see you using a screwdriver one day. Mais finalement elle lui donne de quoi faire.  Et le ponctue par un "bro". Ils se fixent un moment et c'est plus fort que lui, il éclate de rire. Un rire clair, sincère. Well, ok then. Fossettes aux joues, dans un sourire il s'exécute. Il fait coulisser la porte du dressing et une fois encore, il a le droit à une partie d'elle jusqu'ici inexplorée. Devant ses yeux reposent des trésors de tissus, de couleurs et de matière. Des robes, des manteaux en fausse fourure, un trench Burberry, une robe en tulle. Il reconnait certains vêtements qu'il a déjà vu sur elle, certains même qu'il lui a déjà enlevé  et au bout de quelques secondes il finit enfin par se souvenir pourquoi il a ouvert cette porte. Il met pas beaucoup de temps avant de trouver les couvertures rangées dans le fond. Il se baisse, les récupère et les tend à Gemma. Leur mission est achevée à 50% maintenant, le principal défi sera de réussir à descendre le télescope sans perdre l'équilibre dans l'escalier ou le cogner contre un mur. Here you go. Il se retourne pour fermer la porte du dressing lorsqu'un vêtement en particulier accroche son regard. Au début il croit halluciner, mais lorsqu'il pose ses doigts sur le tissu il le reconnait immédiatement. Il l'avait vu tellement de fois.  It's Cece's shirt. souffle t-il. Un fantôme de plus s'est invité dans la chambre ce soir. Bien qu'il ne parvenait à semer rarement celui-ci. Il sort lentement du dressing un t-shirt XL. Ce n'est définitivement pas n'importe quel bout de tissu. On y reconnait le code couleur du lycée de Crescent, et au dos est brodé "Avergos" suivi du nombre de son ancien maillot de quaterback. 23. Il n'aurait jamais pensé revoir un jour ce putain de t-shirt. Et pour cause, Cece avait décidé qu'il lui servirait de chemise de nuit au moment même où elle avait mis la main dessus en faisant une lessive, du temps où elle dormait dans son lit pendant qu'il se cassait le dos à ses pieds sur le lit de camp. Le temps où il se réveillait et s'endormait tout les jours avec elle, parce que personne d'autre que lui n'était mieux placé pour protéger la gamine de 14 ans paumée qu'elle était. Sa putain de chemise de nuit improvisée. Qu'elle emmenait partout où elle dormait. Il se retourne vers Gemma, le cintre en main. Il n'en revenait pas lui-même. Did you ever read what's on the back? It's so weird to see my old high school shirt in your dressing. I used to wear it after the games. Until Cece stole it from me. So fucking weird. Il remet le t-shirt à sa place, lentement. Puis réalise que tout ce qui était ici risquait d'y rester pour de bon. De ce qu'il avait compris, tout ce qui appartenait de près ou de loin à Gemma était condamné. Il était hors de question que ce t-shirt finisse dans les ordures ou dans des cartons crevés sur le trottoir en face du Manoir. Il ne l'admettrait pas. Et finirait sûrement par y foutre le feu. Après tout, il n'était plus à un crime près. We need to take it back. Ni une ni deux, Nikos l'arrache du cintre et le balançe sur son épaule. Qui aurait cru qu'il trouverait un vestige de Cece et lui, entre une robe Balmain et une veste Versace.

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Ven 17 Aoû - 10:50

Gemma s'applique, s'adonne, s'écorche. La tâche est rendue ridiculement compliquée en raison du fait que l'outil est mal approprié, les vis appartiennent à une époque largement antérieure à sa naissance, et la clarté est minime car elle n'ose pas utiliser le flash de son portable si proche de la fenêtre. Surtout, c'est ardu car elle est bien trop fière pour demander de l'aide. Le fait qu'il soit ici, armé du pickup, de patience et de plus de bonne volonté qu'elle ne l'aurait cru humainement possible est déjà suffisamment compromettant. Réclamer un coup de main général est assez embarrassant dans l'état, plutôt mourir que de l'appeler au secours sur une question aussi concrète et physique que celle de dévisser la poignée. A fortiori lorsqu'il s'agit d'un exercice qu'elle est physiquement capable d'accomplir seule et pour couronner le tout, après qu'il se soit amusé du tableau. Elle a donc sa réponse ; oui, il la croit superficielle à ce point. Son absence de père ne l'aura donc paradoxalement pas empêchée d'être prise pour une fille à papa. Peu importe si ça demande plus de temps seule, elle est prête à y passer la nuit. Elle troque promptitude contre fierté sans même avoir à se poser la question. Gemma a quelque chose à prouver, autant à lui qu'à elle-même. Nikos disparait dans le dressing et elle respire aussitôt. Il est terriblement plus facile de se concentrer lorsqu'il n'est pas dans la pièce. Pathétique mais vrai, après tout ce temps, il suffit qu'il pose son regard sur elle pour qu'elle devienne effervescente. Il apparaît et elle est réduite à la somme de ses terminaisons nerveuses. Pour le pire, invariablement. Si elle avait besoin d'une preuve supplémentaire qu'ils sont mieux taillés pour la distance cordiale que le brasier, c'est le rire de Nikos. Il a plus souri ce soir qu'en quatre mois de relation. C'est facile de se focaliser là-dessus sans prendre en compte l'inondation autour d'eux, indépendante de leur volonté, catastrophe naturelle qui a fini par les submerger. C'est facile de se concentrer sur les erreurs qu'ils ont commises plutôt que sur les circonstances qu'ils n'auraient pas pu éviter. Du moins ça l'était jusqu'à ce qu'il sorte un squelette de son placard, trop littéralement pour lui plaire. A l'invocation du prénom sacré, les épaules de Gemma se nouent. Elle jette un coup d’œil par dessus son épaule mais sait déjà parfaitement quel tableau elle va y trouver. L'existence du t-shirt lui était sortie de la tête. Heaven knows qu'avec avec Fiedler, Washington, Edna, Nikos, et tout le reste de sa foutue série d'anathèmes, un bout de coton sur un cintre a chuté vertigineusement dans sa liste de priorités. Question de préservation, elle se retourne à nouveau, adresse les justifications à l'appui de fenêtre. "Right, yes. I did read it, I was gonna give it back to you, but then life happened and -" elle s'interrompt car la suite serait superflue. But then life happened and the rest is goddamn history. C'est la suite qui la brûle, la réapparition de ce foutu pronom dont elle ne veut pas entre eux. Son menton fait un 180 degrés si rapide jusqu'à lui qu'elle a l'impression d'entendre sa queue de cheval siffler. "We? What we? Back where?" C'est véhément, plus acéré que prévu. Un foutu couteau qu'elle lui envoie au visage et qu'elle regrette instantanément. Ou qu'elle instantanément voudrait regretter, et l'intention est plus importante que la sincérité. Gemma sait ce qu'elle a dit, ce qu'elle a feint, ce qui est bon pour elle. Elle se répète qu'elle est passée à autre chose, a tellement insisté qu'elle a fini par y croire - sauf que si c'est réellement le cas, elle ne comprend pas la partie d'elle, blessée et virulente, qui cherche encore à le punir. Première surprise par sa propre explosion, elle essaie précipitamment de lisser le pli. "I have a whole box of her stuff in there. You should take it. Most of it is probably yours anyway." Elle n'en voulait pas à la base, elle refusait les souvenirs. Rien ne crie davantage "morte" qu'un carton de memorabilia. C'était pire parce qu'elle a été incinérée - une pile de fringues est devenue littéralement tout ce qu'il reste de Cece. Gemma n'en voulait pas, mais il n'y avait personne d'autre pour réclamer ses effets personnels, et l'idée qu'ils soient jetés la repoussait encore plus que celle de conserver ce qu'il reste de Cece dans un carton rangé au fond de son dressing. Elle en avait sorti le t-shirt de Nikos pour le lui rendre. Le reste - et putain, qu'est-ce qu'elle est naïve en rétrospective - a été soigneusement plié et rangé au cas où Sony viendrait réclamer les vestiges de sa sœur. Elle a beau le mépriser jusqu'à la moelle, une partie d'elle espérait que cette fois, il se montrerait à la hauteur. Quelle putain de candeur. Tous les pleureurs qu'il reste à Cece se trouvent dans cette pièce. La dernière vis cède avec difficulté. Un geste brusque et c'est la tige du tournevis qui entaille la chair de son index où le sang perle immédiatement. Elle murmure un juron, porte la phalange fendue à ses lèvres. Qu'il se moque d'elle, l'aristocrate qui se bat contre les tâches manuelles, elle s'en contrefiche. Elle l'aura fait seule. Un coup sec et la poignée se détache du bois dans un feulement. La chaîne se libère, frappant contre le pied du télescope et, pendant une seconde, Gemma contemple la possibilité de revisser la poignée en place pour mieux couvrir ses arrières. Elle abandonne rapidement l'idée. Ça va prendre trop de temps et à quoi bon ? Ils finiront tôt ou tard par se rendre compte que l'objet le plus précieux de la dépendance a disparu. "That's where you come in. I can't lift this thing on my own. We've got to be really careful though. It's more valuable than everything in this house, combined." Ne serait-ce que basculer le télescope à l'horizontale pour enrouler les couvertures autour est carrément herculéen pour elle. Contrairement à toute attente, elle n'est pas suffisamment fière pour faire un statement d'indépendance au risque d'endommager sa relique. Paraît qu'il faut une première fois à tout.

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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Dim 19 Aoû - 13:41

Empreint à une nostalgie déchirante, il en oublie G en train de lutter pour délivrer son télescope. Il laisse malgré lui son esprit vagabonder dans le labyrinthe de ses souvenirs. Le fantôme de Cece valse devant ses yeux un moment jusqu'à ce que la voix de Gemma le ramène à la réalité. Il tourne la tête vers elle lorsqu'elle le reprend sur le pronom qu'il a utilisé. Le regard de Nikos est vide, il est encore quelque part avec Cece et n'a pas le temps de se vexer. Ce qu'il retient en revanche, c'est qu'elle a une boîte rempli d'affaire de sa défunte meilleure amie. Nikos balaye la pièce du regard à la recherche du carton mystérieux mais ses iris noires se butent uniquement à des ombres, avant de comprendre que ledit carton se trouve aux pieds du dressing. Le brun hésite un instant puis décide de recommencer à ignorer son existence. Il a assez de reliques de Cece chez lui pour ne pas en rajouter une à sa collection bien fournie. Il avait du mal à les affronter jour après jour, bien qu'il les avait mis hors de son champ de vision. C'était déjà assez douloureux comme ça, alors il se contentera du jersey. Puis de tout ce qui l'empêche de dormir la nuit. C'était largement suffisant.  Enième retour à la réalité lorsqu'un bruit brusque se fait entendre. Nikos regarde la vis brillante rouler sur la moquette jusqu'à lui. Il l'arrête en la coinçant sous son pieds puis lève les yeux vers Gemma. Elle s'est blessé et rien que cette idée occasionne un vieux réflexe. Are you o-- qu'il avorte quasi-immédiatement. Il est quasi-sûr que les amis ont le droit de se soigner entre eux mais il est bien conscient d'avoir entamé son capital de tolérance au contact en l'aidant à descendre de son piédestale toute à l'heure. Alors il reste là comme un con, à la regarder porter son index à sa bouche et essaie de ne pas trop penser à toute les fois où elle en avait fait de même avec le sien. Sauf qu'en essayant de ne pas trop y penser, évidemment, il y pense. Les souvenirs affluent, le perturbent et il sent son rythme cardiaque s'accélérer de manière totalement ridicule. Pourquoi est-ce que le sexe avec elle devait être aussi extraordinaire ? Il avait couché avec un tas de femmes, s'était lassé de toutes ou presque mais elle gardait cette fraicheur inédite des premières fois. Sensuelle, mutine. Même quand elle ne le faisait pas exprès. Il a besoin de se concentrer sur autre chose. Maintenant. Et Dieu ou il-ne-sait-qui merci, parce qu'elle finit par annoncer la suite des événements. Ok let's do it. Il l'aide à emballer le télescope dans les couvertures. Nikos n'est pas habitué à déplacer des choses précieuses, mais elle a de la chance : il est soigneux en plus d'être maniaque et dès le moment où ses mains frôlent le télescope, il s'en fait une mission personnelle de l'amener à bon port jusqu'au pick-up. Mais de toute évidence, la tâche n'est pas aisée. Leur différence de taille les met immédiatement en difficulté. I should go first. You're too short, we'll loose our balance. Il intercepte son regard entre deux pans de couverture et s'offusque. Don't give me that look, I'm just trying to be smart here. You don't want it to fall, don't you ? So let me go first. I'll walk backward. Quelle putain d'ironie. N'empêche que ça marche, Nikos prend ses appuis. Le telescope n'est pas spécialement lourd, mais il fait son poids. D'ici qu'ils arrivent au pick-up il faudra faire quelques pauses pour ne pas prendre le risque de le laisser glisser de leurs mains. Première fois qu'ils sont forcés au travail d'équipe. Et c'est étonnant comment finalement ils arrivent à se coordonner. Elle le guide, lui conjure de faire attention, prévient un angle, le protège d'un coin et finalement ils parviennent à hisser le télescope dans le pickup. Nikos s'empare de sangle jetées négligemment sur le plateau avant de partir. Ne sachant pas trop ce que Gemma allait lui faire faire, il avait préféré jouer la carte de la sécurité. On était jamais trop occupé. Légèrement essoufflés, ils regardent le télescope ficelés au pick-up un moment. Et il ne peut s'empêcher de profiter de l'obscurité pour laisser couler son regard vers elle. Son profil parfait éclairé par le clair de la lune lui donne envie de caresser son visage du bout des doigts mais évidemment il se retient. Un corbeau croasse au dessus de leur tête et pourtant le tableau ne lui parait pas une seule seconde lugubre. Elle lui parait tellement petite chaussée de ses baskets, c'est dur de ne pas céder à la tentation de passer son bras autour de sa taille toute menue et de l'attirer contre lui. Il a besoin d'une diversion et elle est toute trouvée. Après l'effort, le réconfort. C'est un adage qu'il n'a cessé d'expérimenter tout au long de sa vie. We should go before someone see us. Quelques minutes plus tard, les premiers kilomètres avalés, Nikos s'arrête au carrefour qui relie la route principale au quartier d'Orange Grove et au reste de la ville. Il hésite un moment, puis lâche, avec un ton qu'il espère assez détaché pour ne pas paraitre suspect. Ou needy. Ce serait dommage de tout gâcher alors que la mission s'était parfaitement déroulée. The sky's fucking clear tonight. Perfect night to get high at the planetarium's view. Wanna join? Il marque une pause avant de reprendre, un peu plus détendu qu'il l'était en arrêtant la voiture. You could teach me how to use a telescope. I don't think I ever touch one. I mean, except when I had to move out yours 15 minuts ago. Peut-être que si elle voyait ça comme une mission pédagogique elle serait moins réticente à l'idée de fumer un joint sous les étoiles avec son ex ? Après tout la lune de miel existe en amitié, comme en amour. Et ce soir, la lune brille particulièrement fort.

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Stop pretending, stop that fronting. I can't take it. Girl, don't treat me like a stranger. Girl, you know I seen you naked. Girl, you know that I remember don't be a pretender. Getting high at the condo, that's when it all comes together. You know I stay reminiscing and make-up sex is tradition but you've been missing, girl and you might feel like nothing was the same.
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MessageSujet: Re: out her head, out his mind (gem)    Mar 21 Aoû - 9:51

C'est exaltant et elle ignore pourquoi, ou refuse de s'interroger. Gemma arbore un sourire béat hors de son contrôle, adressé à la portière du côté passager pour éviter que Nikos ne l’intercepte. Cela inviterait des explications qu’elle n’est pas certaine de vouloir donner. Si la dernière année n’avait pas été rythmée par un secret, deux meurtres et un nombre incalculable de fuites en avant, elle pourrait croire que ce sentiment d’excitation à l’idée d’avoir volé ce qui est légitimement à elle n'est dû à rien d’autre que l’ennui marque de fabrique des beaux quartiers ; Madame Bovary prête à tout pour sentir son cœur battre dans ses tempes. Sauf qu'elle a eu son quota d'emballées cardiaques pour la prochaine décennie, sauf qu'elle était tellement certaine d'apprécier la simplicité de son nouveau quotidien, d'en avoir besoin après le foutu grand huit sur lequel s'était achevé les derniers mois. Techniquement, elle est à sa place dans cette nouvelle routine pseudo-paisible. Ça l'a toujours été et ça crève les yeux. Ses mamans et la villa au bord du lac. Le velours et l'inox. La boutique à mi-temps, à sa place parmi les cristaux, précieuse et solide comme un diamant au milieu du quartz. Luxe tranquille et convivial, réglé comme une horloge, chai tea le matin et champagne le soir. C'est la suite logique des vingt-deux dernières années. Elle devrait s'en contenter car, putain, c'est déjà tellement et elle est plus consciente de son privilège que jamais. Pourtant, assise en tailleur contre la portière, Orange Grove endormie de l'autre côté du pare-brise et Nikos de l'autre côté du volant, une pièce manquante s'emboîte dans l'espace vide entre ses clavicules. Cette réalisation a beau mener droit vers la panique, l'heure est trop tardive pour la remise en question et les grandes résolutions inébranlables. Elle aura le temps d'angoisser demain au réveil. Elle laisse son instinct prendre les rennes et son sourire grimper jusqu'aux pommettes. Sa précieuse distance ne mérite pas de gâcher un adrenaline high si délicieux. Elle est prête à tout pour le faire durer juste encore un peu, aussi lorsque Nikos marque l'arrêt au carrefour, la réponse fuse. "Oh God, yes please!" L'enthousiasme est trop affûté, surtout venant d'elle, blasée chronique au regard glacial. Machinalement, elle essaie de rectifier le tir en baissant d'un ton. En justifiant, accessoirement, l'euphorie temporaire. "I've missed it. Badly," mais que ça prête à confusion, elle s'en rend compte avec une seconde de retard et ground rules numéro deux et quatre flashent agressivement devant ses paupières, "- stargazing I mean." Le pickup prend l'embranchement pour Harbor Springs, longeant les villas qui bordent le lac. Les phares de la voiture illuminent brièvement sa nouvelle porte d'entrée, à côté de laquelle se tient sa nouvelle boîte aux lettres et son nouveau foutu parterre de fleurs violettes. Quelque part au premier étage, ses mères dorment à l'heure qu'il est - probablement semi-inquiètes de ne pas l'avoir vue rentrer, et seulement car elles ignorent que Gemma est avec lui. L'espace d'une seconde, elle lève l'index pour désigner la façade et lâcher à Nikos que c'est sa nouvelle adresse. Les mots ne trouvent pas leur chemin jusqu'à sa langue, s'éteignent quelque part dans sa gorge et de toute façon, il est déjà trop tard, les cyprès bordants le jardin déjà loin dans le rétroviseur. Sa main retombe sur sa cuisse. Elle sait que c'est absurde, que ce n'est que partie remise. Elle va bien devoir rentrer un jour. Elle veut seulement savourer son apatrisme encore un peu plus longtemps, n'habiter nulle part l'espace de quelques heures. Parce que c'est son terrain et que ça lui a tellement manqué d'être l'astrologue de quelqu'un, n'importe qui, elle se rue dans la brèche qu'il a créée. "We might have to go over the constellations before using the telescope. Gotta crawl before you walk, kid. What's the point of watching if you don't know what you're looking at?" Elle informe autant qu'elle comble le silence car plus ils approchent du planétarium et plus elle se rend compte de ce à quoi elle a consenti. Elle, lui, et les étoiles. Danger. "The night might be too bright for the telescope, actually. Sometimes the moon just outshines everything around and you can't even get a proper look at her without risking eye damage." Her - parce que, bien sûr, Gemma étant Gemma, la lune est une femme. Elle la traite avec la même déférence et la même dévotion passionnelle que toute autre présence féminine dans sa vie. Ils passent devant une épicerie de nuit et, impulsivement, Gemma le fait s'arrêter, portière ouverte avant que le véhicule ne soit tout à fait à l'arrêt. A cette heure, les deux seuls clients devant elle à la caisse portent des casiers de bière à bout de bras. Elle, elle sort de la boutique poussiéreuse avec une grande bouteille de thé glacé et une grappe de raisins noirs. Mission impossible au manoir lui a ouvert l'appétit. En refermant la portière derrière elle, elle veut se débarrasser d'une obligation qui lui traîne sous les semelles. D'un mouvement de tête, elle désigne le télescope dans le lit du pickup. "Thanks, by the way. You know what this means, right? I now owe you two favors. Either that or a massive one." Parce qu'il y avait la robe également, ou une puce de plus sur la longue liste de toutes les choses dont elle lui est odieusement redevable. Et, nonchalamment, surélevant ses jambes sur le tableau de bord, un raisin à mi-chemin jusqu'à ses dents, "Want a kidney?"

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why yes, i am the girl with the arsonist heart all your fathers warned you about.

and once one tree catches,
it’s not long before -
the whole forest lights up.
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