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 le syndrome de stendhal (azur)

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MessageSujet: le syndrome de stendhal (azur)   Jeu 23 Aoû - 16:42


le syndrome de stendhal
les anges ont en horreur les hommes depuis qu’ils ont mis un prix sur la vie
poe s’est allongée dans l’ombre grandissante du meuble gardant les canevas attendant encore le passage de mon pinceau. je l’ai regardé tourner un instant avant de laisser son être monochrome tomber sans ardeur au pied du gardien de mes amours encore immaculés. son museau luisait rouge et or des peintures qu’elle prenait plaisir à renifler et nul doute que sous ses pattes, je retrouverais sans peine – et même des jours passés celui-là – la trace de sa méridienne dans mon atelier. elle a levé la tête vers moi, sentant peut-être l’insistance de mon regard sur elle et sa queue s’est mise à battre, signifiant sa gaité. ma chienne radiait de béatitude au simple œil que je posais une seconde trop longtemps sur sa truffe fardée. de temps en temps, je faisais de l’art avec son existence animale ; peignant ses yeux plein de pluie sur des toiles sans couleurs et écrivant de grandes histoires remplies des petites choses qu’elle faisait parfois. poe était donc, par quelques égards seulement, semblable à certaines des muses humaines qui allaient et venaient aussi bien dans mon atelier, que dans mes peintures, dans mes poèmes et dans ma vie. chacune jubilait de mon attention, aussi minime fût-elle et chacune, également, servait d’essence à ma créativité. à la différence, évidemment, que mes nymphes finissaient toujours par me quitter, inévitablement bien trop blessées par la vésanie de mon travail. poe, quant à elle, ne partait pas. c’était un chien, elle était faite pour rester, après tout. à l’instant même où ma pensée se formulait dans mon esprit et comme si elle m’eut entendu et voulait me prouver mon erreur, poe s’est justement levée, secouant ses poils et m’a tourné le dos, à moi – son maître pour disparaître dans la pièce d’à côté. j’étais un homme de foi. j’aimais donc à voir dans l’insignifiance des futilités des signes quant à mon parcours et mes actions. aussi, je ne pouvais interpréter ce soudain changement d’attitude de ma compagnie que comme une augure de l’arrogance dont je venais de faire preuve en pensée et un rappel à l’ordre. je n’étais pas ignorant de mes tendances orgueilleuses, celles-ci bien trop fréquentes pour les ignorer et je m’en voulais toujours pour leur donner de quoi prospérer dans mon conscient. le premier pêché capital était celui qui me gangrenait le plus. quoi de pire, en effet, que de comparer des femmes à sa chienne ; des muses – êtres de vie, de beauté et d’unicité à un animal? mais je savais l’influence de mon art et de mon œil bien trop présent sur ce genre humain qui m’était camarade pour prétendre le contraire. je répandais l’allégresse partout où j’allais, faisant crever d’adoration tous ceux qui n’en savait pas assez pour me voir leur égal. bien sûr, il y avait des exceptions. même moi, le nouveau messie d’un genre nouveau, je n’avais pas toute la fatuité de croire séduire sans questionnement le monde entier. non, évidemment. il y avait d’autres gens. des gens comme azur, par exemple. azur monroe, le connaiseur.. son prénom était bleu ; des odeurs d’iode des océans au creux des courbes de chaque lettre mais pour moi, sa voix sonnait jaune d’opirment. il ne parlait jamais beaucoup, le collectionneur. il m’arrivait d’apprécier son silence plus que ses mots, parfois. non pas que ses paroles m’étaient désagréables, loin de là ; mais je voyais dans son mutisme toute la précision de ceux qui connaissaient la véritable valeur des mots, une fois prononcés. il n’était pas de ceux qui se précipitent en palabres inutiles gâchant alors toute l’esthétique de la conversion. non. azur savait parler comme on colore : toujours en dedans des lignes.
azur était mon égal, je le reconnais volontiers. lui, le chasseur d’art.
azur était barde, même quand il ne le savait pas.
mais surtout, azur était à ma porte.
il venait de temps en temps chercher chez moi de la magie en tableaux à aller propager ailleurs, à répandre à gogo. sa présence, bien qu’occasionnelle était devenue une habitude, rythmant les saisons. aussi, je me suis dépêché d’aller lui ouvrir, bien content de le voir. « entre. » je lui ai dit. « les peintures sont dans l’atelier. elles le sont toujours. j’y ai aussi préparé de quoi manger, boire si tu as faim. » je l’ai mené dans le fond de ma maison, là où se dessinait – presque littéralement – l’étendue toute entière de mes passions. le diction disait que le noyau d’un foyer résidait en sa cuisine – jamais chez moi. mon cœur et celui de ma demeure, je le saignais tous les jours dans les pages de cahiers à poèmes, dans les pigments, dans les nuances, dans l’art – en bref, dans mon atelier. « toutes mes œuvres du moment sont estivales. des couleurs chaudes uniquement. j’ai peins des portraits des gens d’ici, peut-être que tu en reconnaitras certain. » les tableaux s’alignaient infinis, prêts à être découverts à un œil, finalement, qui n’était pas le mien.

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Occupation : il danse, azur. il danse, court, vole, aime. il s'essoufle entre les corps suants, dégage de l'animosité dans ses gestes. mais il peint, surtout, ange. il peint, il vend, collectionne, comme un adolescent avec des timbres.
Côté coeur : il vague, divague entre les corps. mais il n'aime plus qu'elle, maintenant. unique fleur du bouquet aux effluves enivrantes.
Quartier : même s'il vole un peu partout, east vista c'est le nid.

MessageSujet: Re: le syndrome de stendhal (azur)   Dim 9 Sep - 5:01

azur il s'était fait réveiller par l'odeur de cramé, puis il arrêtait pas de tousser du coup, et ça venait du four. puis y'avait une épaisse fumée noire qui occupait tout l'appart, et c'était comme traverser un espèce d'océan des ténèbres de se lever et de marcher là-dedans, aucune fenêtre ouverte, rien. et c'est la première chose qu'il fait, l'ange. il ouvre, respire à la fenêtre un temps, crache un peu, et retourne vers le four, puis l'ouvre. pizza carbonisée devant ses yeux, presque poussière. sûrement une connerie de crystal. et il la cherche dans l'appart, il la cherche pour s'énerver, mais il trouve pas. nulle-part qu'elle est, puis c'est sûrement sa capitale, finalement. et il essaye de l'appeler, aussi. et elle répond pas. crystal, reine et fière conquérante de la ville de nulle-part. et elle avait encore frappé. foutu la merde et disparu comme excuse.
et l'ange laisse tout ouvert, ouvre tout même la fenêtre des toilettes, puis s'habille et se casse. et même sur la moto il tousse encore, une toux profonde qui ferait peur au plus grand hypocondriaque. mais azur il est rien de tout ça. et azur il s'en fout du coup, il continue juste à rouler. puis il va vers la baraque du messie, espérant que ce taré ait deux trois trucs à lui vendre. et ce mec il avait toujours fasciné azur, espèce de détâchement qui l'éloignait de tout ce qui pourrait être prévisible pour un humain; l'ange avait rapidement compris la position que prenait le mec vis-à-vis du reste du monde, se mettait dans la position d'un envoyé de dieu, un peu à la louis xiv, truc du genre. puis ça l'avait étonné azur, mais il avait rapidement laissé tombé, passer outre est toujours plus simple que de tenter d'expliquer les choses. c'était la technique de lâche, certes, mais c'était l'attitude qu'avait appris à adopter azur depuis son arrivée à crescent. parce que y'a pas mal de gens qui nécessitent un double coup d'oeil ici, sauf que t'as des chances d'être dans la merde si tu leur accorde. parce qu'il faut pas trop regarder ici, il faut juste foncer dans le tas et en ressortir sans ennemis. puis c'était ce qu'azur se disait, finalement. sauf que lui c'était l'ange. et un ange peut pas avoir d'ennemis, nan?
puis il toque gentilment à la porte une fois arrivé, sans afficher de réel sourire, sans s'attendre à une conversation qui défonce le plafond. parce qu'une des choses chez ezra qu'il appréciait sincèrement, c'était pas son talent ou le grotesqte de sa personnalité. c'était qu'il cassait pas les couilles. parce qu'il posait pas de questions, il cherchait jamais la petite bête. et azur non plus, en réponse à ce comportement. puis c'était un mutuel mystère qui faisait qu'ils s'intéressaient l'un à l'autre d'une certaine manière, finalement. parce qu'ils se faisaient pas chier avec les fausses vraies conversations sur la météo et sur la famille, les amours, la vie. ils se confortaient chacun dans le non-dit, forme d'échange plus fort qu'une conversation factice.
puis entre, qu'il lui dit. et azur exécute, cherche pas à lui dire bonjour, hoche simplement la tête et esquisse un bref sourire. puis les peintures sont dans l’atelier. elles le sont toujours. j’y ai aussi préparé de quoi manger, boire si tu as faim. et azur suit les indications à la lettre, et le suit jusqu'au fond de l'appart, ses pas suivant les siens, il ne porte pas trop attention au décor, cherche juste à accéder à l'atelier, peu intéressé par ce qu'il se passe autour. et il veut pas paraître indiscret, aussi. puis ils arrivent dans l'atelier, ils arrivent au fond de la maison et y'a une espèce de lumière poussiéreuse qui est projetée par les rayons de soleil qui traversent la pièce. et le regard d'azur tombe directement sur les grandes toiles éparpillées un peu partout, et puis toutes mes œuvres du moment sont estivales. des couleurs chaudes uniquement. j’ai peins des portraits des gens d’ici, peut-être que tu en reconnaitras certain. et il hoche simplement la tête, passe devant les tableaux lentement, se baisse de temps en temps pour en observer certains de près. et y'en a un d'un mec brun qui est vraiment pas mal, puis du coup celui-là est génial. le regard est parfait. parce qu'il a le regard qui transperce, le mec, il a le regard perçant, ouais. et puis elle est là, à côté. et il s'attendait pas à la voir ici, pas dans cet atelier, pas chez lui, quoi. et il pointe timidement, la toile, la quitte pas des yeux, rory, mais demande au mec, tu la connais, elle? parce que si oui, ben azur il va rester plus longtemps ici, attendre que sa princesse se ramène, pouvoir échanger ne serait-ce qu'un regard avec elle. puis même s'il a pas l'habitude de poser des questions, l'ange, ben là il s'est pas retenu, sans même avoir peur de mettre ezra mal à l'aise. parce qu'il ferait tout pour être plus proche d'elle, d'une quelconque manière. tout, tout, tout.

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