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 someone to stay / fran.

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MessageSujet: someone to stay / fran.   Ven 19 Jan - 12:40


- someone to stay -
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Sourire en dents de scie.

« J’ai juste besoin de lui parler deux minutes- »

Les yeux en bain de sang.

Il n’avait pas compté. Il ne comptait plus. Les heures, les minutes, les dégâts, les amants. Le nombre de fois où il s’était retenu de cracher sa bile dans un coin de rue. Dans des toilettes publics. N’importe où, n’importe quoi. Un frisson le long de sa colonne vertébrale. Lame froide descendant son échine, les poils hérissés à la naissance de sa nuque. Entre ses mâchoires serrées, il répétait la même prière. Juste deux minutes. La secrétaire essayait de le raisonner. Je dois juste parler à Mr. Hawkins. Les lèvres mordues, un regard alentour. Il faisait tâche. Comme toujours. La veste trop grande, la silhouette tortueuse et torturée. L’estomac vide et le corps plein. 

Une porte ouverte, des cheveux gris.
Quelqu'un d'autre, pas pour lui.
Sans écouter, sans l’écouter.

Elle secouait la tête avec la vigueur des désemparés.
Non. Tu peux pas faire ça.

Se rattraper, au dernier instant. Tu peux pas. Souffle entrechoqué. Des battements de cils. Des battements de sang. Un autre homme était sorti. Autre bureau, autre histoire. Autre complainte. Chercher ses mots, chercher ses maux. Un rire nerveux, rien qu’une inspiration. Des excuses sans formulation. Je devrais pas être là. La déglutition difficile, des couteaux dans la gorge.

Vingt-quatre heures.
Qu’il n’avait pas dormi. Qu’il n’avait pas mangé. 
Sinon à peine. Des miettes pour les oiseaux.

Vingt-quatre heures.
Ils avaient déjà été trois. Rappeler des anonymes. Des rencontres éphémères. Des sourires d’une nuit. Pour une ivresse. Pour un instant. Pour se perdre encore un temps. La nausée et les valises sous ses yeux. Ses doigts nerveux perdus dans ses boucles brunes. Un sourire. Une allure. Un masque posé sur son visage fébrile. « Je repasserai- Je… C’est pas grave- » Les noeuds entre ses reins criaient des avis contraires. Parce que le traître était revenu frapper à sa porte. Parce qu’il mentait depuis le début. Parce qu’il ne se voyait plus dans le miroir. Sinon une ombre, au mieux un fantôme. Tourbillons et tempêtes. Revenir sur ses pas, se détourner de tout cela. Fuir avant qu’il ne soit trop tard. Qu’on ne le retienne pas. Les portes battantes, et les pressions frénétiques pour rappeler l’ascenseur. Perle de sueur froide sur sa tempe encore égratignée. Un reniflement, les lèvres sèches. Morsure en interne. Il voyait danser des papillons noirs. Fermer les yeux. Rien qu’une seconde. Son front contre le mur, un instant. Lente inspiration. Les frissons. 

Son clair et tintement.
Les portes s’ouvrant dans un chuintement délicat. 
Les pas nerveux pour se terrer dans un coin de l’ascenseur.

Descendre au plus vite.
Et enfin aller respirer, à nouveau.

À peine un regard pour l’inconnu qui avait réussi à se glisser dans l’habitacle.
Il ne se rendait même plus compte.

Qu’il tremblait à en faire céder les murs.

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Dernière édition par Andy Muñoz le Sam 27 Jan - 23:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: someone to stay / fran.   Lun 22 Jan - 22:00




Someone to Stay

Frandy



Les mots qui s’enchaînent, les paroles qui se déversent. Le discours d’une fin de chapitre. Un épilogue sous forme de paperasses à remplir, d’autres à fournir et de maux qui s’entassent. Crevure dans le cœur, blessure sous forme de trahison. Mâchoire serrée, il acquiesce. Prend note. Paumé. Puis, les mains se serrent et l’avocat lui pose une paluche compatissante sur l’épaule avant de laisser l’oiseau s’échapper. Certains vous diraient du mariage qu’il est une cage, mais Fran’ peine à trouver le courage d’en sortir, bien qu’il le faille. Il ne peut pardonner. Il ne peut fermer les yeux. Les papiers dans une main, qu’il veille à ne pas trop chiffonner, il lève les yeux et croise le regard de cet autre homme. Probablement aussi perdu que lui. De toutes manières, dans ce genre d’endroits, c’est assez simple de croiser des gens au bord de la rupture. Personne ne va voir un avocat pour des choses heureuses. Mais dans ses yeux, il y a quelque chose qui le touche. Quelque chose qu’il ne saurait trop décrire. Il a déjà vu cette lueur-là, ailleurs. Dans le regard de ceux qui sont en train de perdre pieds. Dans les yeux de ceux qui partagent sa galère, pendant les nuits difficiles, là-bas au Ranch.
Anxiété, sa vieille amie, celle qui guette au détour de chaque couloir et qui rampe, pour s’enrouler autour de sa cheville et remonter jusqu’à sa gorge, pour l’étouffer plus encore. Il connaît les signes, le souffle court et la panique qui vrille chacun de ses muscles. La frénésie. Mais il détourne le regard, rappelé à lui par les battements de son propre cœur qui s’échappent et lui font serrer les doigts autour de ses importants papiers.

Doucement. La boule dans sa gorge et sa mine renfrognée qui se referme d’autant plus. Dos tendu. Mâchoire serrée. Ding. L’ascenseur qui apparaît sur le palier et les portes qui s’ouvrent. Fran s’y engouffre avant que la cage de métal n’avale ses passagers. En apesanteur. Glissé dans l’habitacle, il se planque derrière un rideau d’yeux baissés, rivés sur les papiers maintenant chiffonnés. Silence. Un souffle.
Lui.
Il relève les yeux, capte son reflet dans un des miroirs recouvrant les parois de l’ascenseur. Quelque chose de cassé. Quelque chose de brisé. Mais autre chose aussi. Il le regarde, dans sa peine et dans la prison de sa tête. Et dans les tumultes. Des souvenirs qui se bousculent. Des nœuds dans l’estomac dans les douches des gymnases. Des yeux qui se perdent sur le carrelage pour ne pas se surprendre ailleurs. Chassées, chassées les idées. Enfermées à double tours, loquet scellé par les baisers déposés au creux des lèvres de celle qui est devenue sa femme…. Et dont le nom repose à présent sur ces conneries de papiers de divorce.
Mais l’autre tremble. L’autre se fait petite créature prise au piège, la fatigue qui claque dans les tempes et Fran’ rompt le silence. Fran entrouvre sa carapace un instant, l’espace de quelques mots. Sourcil haussé.

« - Ça va aller ? »

Cette impression qu’il va se briser, se répandre en milliers de petits morceaux de verre. Éclater dans l’espace. Glisser entre les particules pour disparaître. Poussière. Une parenthèse ouverte. Prélude d’un nouveau chapitre ?
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MessageSujet: Re: someone to stay / fran.   Mar 23 Jan - 10:50


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Ça va aller ?
La gorge serrée.

Fermer les yeux.
Rien qu’un instant.
Juste un instant. 

Le temps de se voiler la face, à nouveau. Le temps de tout se dire, le temps de mentir. De mourir et de revivre. Dans les soupirs, dans les sourires. Tous ceux qui s’étaient évanouis, tous ceux qui avaient quitté son visage. Le masque fermé, l’air aux abois. C’était la gueule des chiens battus. Le regard des mésententes. Des opprimés des faux-semblants. Celui qu’il taisait. Celui qu’il gardait pour les miroirs de salle de bain. Pour les reflets dans les vitrines. Pour les instants entre les temps. Pour les silences, et pour la vie. Celle qui lui glissait entre les doigts, quand il ne s’y attardait pas. Celle qui lui filait des paumes, à chaque battement de cils. À chaque battement de sang.

Ça va aller ?
Un temps de réaction. Relever le nez.
Billes mordorées venant se poser sur la silhouette à ses côtés. De haut en bas, de bas en haut. Le jugement en trompe-l’oeil. Lente inspection des menaces et des trépas. Une seconde à peine. Un frisson le long de sa colonne vertébrale. La gorge sèche, et le palais lourd. Un toussotement. La fin des silences, la chute des anges passants.

Peut-être qu’il était impossible de faire mentir les corps laissés à l’abandon.
Il y arrivait, pourtant.

Relever le menton, serrer des dents. Un mince sourire en coin, un air narquois. Reprendre le dessus, reprendre le pas. Une moue, un éclair. Dans le reflet brouillé, son visage en dissonance. « Of course. » Voix claire et ton vide. Quelque chose qui sonnait de travers, détraqué. La cloche sonnait déjà, au pied des bâtiments. Voyage terminé avant même d’être commencé. Il avait eu le temps, pourtant. De s’attarder, de s’enivrer. Par réflexe et par habitude. Noter l’angle de sa mâchoire, les courbes de ses tatouages. Les épaules puissantes et le voile du regard. Il en avait trop vu, des hommes pareils. Il en avait trop bu, il en avait trop pris. Il ne tenait plus debout à cause d’eux. Ils étaient sa seule source de survie. Un toussotement, un pas en avant. Il savait qu’il se trompait. Comme à chaque fois. Qu’il se jetait dans la gueule du loup par automatisme. Qu’il lui ouvrirait les bras et qu’il lui ouvrirait la bouche. Qu’il pouvait lui faire croire ce qu’il voulait. Lui faire oublier même la panique, même l’anxiété. Même l’instant de réalité qu’il avait pu rattraper, un instant. Il y avait un masque. Il y avait un rôle. Il y avait un mode opératoire et il y avait la douceur des choses communes.

Un regard en arrière.
Par-dessus son épaule.

Le hall de marbre et les costumes.

Il était tâche noire dans leur immaculé.
Le pétrole de ses rêves.

« Got cigarettes ? »

Dans un souffle, sans un geste.

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MessageSujet: Re: someone to stay / fran.   Lun 12 Fév - 22:33




Someone to Stay

Frandy



Cœur aphone qui fredonne des airs oubliés.

Cœur aveugle abandonné dans la cage d’ascenseur.

Amour en cage.

Physalis écrasé sous les talons des deux hommes qui quittent le cube métallique.

Of course. Of course everything’s right. Of course. Les mots qui avaient fuité d’entre les lèvres papier-mâché de l’homme qui s’est rapidement affublé d’un masque au rictus figé. Théâtre d’ombres. Et ils tournent dans les lumières du bal masqué. Commedia dell’arte quand les rideaux de fer s’écartent. Ding. C’est la représentation qui commence. C’est le ballet glacé avec l’inconnu qui s’éloigne, quelque pas en avant. Mais le regard en arrière. Comme une invitation à venir danser.

Et bien sûr, Fran saisit la main tendue au vol. Got cigs ?
Always. Vice brûlant, de l’acide dans ses poumons, pour l’aider à respirer quand le poids du monde le fait suffoquer. Fumée pour l’aider à s’ancrer. Respirer.
Il hoche lentement la tête, un hmhm approbatif dans le fond de la gorge. Le bâton de nicotine entre l’index et le majeur, il le lui tend, la distance entre eux rompue par ses foulées allongées mais claudicantes. Il en glisse une entre ses lèvres quand l’autre se saisit de celle qu’il lui tendait.
Pas un regard vers les fantômes en costumes noirs et aux visages de cire. In-identité. Anonymat des copycats. Eux qui tranchent dans le décor monochrome. Peintures chaotiques sur le fond blanc des murs aseptisés.
Les papiers chiffonnés entre deux doigts. Les caractères imprimés dans ses paumes. Mais ce sont eux qui font tâches. Vite. L’extérieur et l’air frais qui leur mord le visage sitôt la porte vitrée poussée. Il faut souffler les maux et les mots hors de la tête. Dehors, loin, les costards immaculés des petits cols blancs qui rentrent tous dans les cases de leurs rangs. Dehors, dans les fumées des cigarettes, de la buée des passants pressés et les gaz des pots d’échappements. Mais la morsure du froid qui leur rougit les joues et leur glace les phalanges endolories. Plie, déplie, les doigts et fait claquer la pierre pour faire jaillir la flamme en direction de la cigarette échangée. Sans un mot. Placidité tendue. Ils ne parlent pas ou peu. Leur corps le fait à leur place, en quelque sortes. Celui de Fran, du moins, étudie celui de l’inconnu. Cherche ses failles pour y reconnaître l’un ou l’autre des Résidents. Retrouver en lui les vices qui le font sortir des cases et se détacher des normes. Retrouver les ingrédients qui l’ont poussé dans les marges. Qui ont fait fleurir la vie et la douleur dans le fond de ses yeux. Loin la monochromie et le morne des clones sans vie qui se succèdent dans les couloirs usines des bureaux. Noir et blanc. Eux, sont plutôt gris. Gris comme les nuages de pluie. On se détourne d’eux quand ils entrent en scène, mais entre eux, ils se retrouvent.
Comme au Ranch.
Gris, gris clair, gris sombre. Palette de nuances sans nom. Ou parfois une couleur qui s’y mêle et qui les pousse à l’hétérochromie. Il pourrait tourner les talons, Fran. Il pourrait se contenter de distribuer des parcelles de cancer volatile à un étranger et continuer sa route. Agiter le crayon sur ces foutus papiers, signer la fin de chapitre. Mais il reste. Comme un poids sur ses jambes et celle, fantôme, qui gèle dans le froid.
Aimanté à cette silhouette qui frôle les murs. Il recrache la fumée et pose ses iris sur les yeux épuisés du personnage qui marque le nouvel acte.

«  -You should eat something. You look like you’re going to faint. »

Pas sur un ton qui se voudrait bienveillant, juste quelques mots jetés sur la chaussée. Pas aussi glacial que la température, mais rien de bien chaleureux.
Mais il reste. Il ne s’en va pas, bien que ses mains se gèlent et que sa jambe amputée ressent plus fortement encore les griffes de la bête de glace.
Ce type-là, il l’intrigue, quelque chose en lui l’interpelle et au lieu de détourner le regard, il reste, tout simplement.

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MessageSujet: Re: someone to stay / fran.   Mar 13 Fév - 20:42


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Un marmonnement.
Une cigarette.

Et son sourire qui sonnait faux. Le vide de ses yeux et le trop-plein de son front. L’ombre des orages, des valises qui dormaient sous ses cils. De la pâleur de ses traits, de sa silhouette trop fine. Chien errant, bête affamée. Il ne savait plus, depuis longtemps. Après quoi il courrait. Après qui il aboyait. Un frisson le long de son échine. Un aperçu, regard en vrille. Par-dessus son épaule, en se laissant rattraper. Anonymes faisant tâche dans l’immaculée conception de ce que devait être la vie. La vraie. Celle que les gens autour d’eux menaient. Celle qui donnait à manger et un lit chaud. Des certitudes confortables et des doutes éclipsés. Celle qui laissait du répit, celle qui les gardait endormis. Quand ses nuits à lui n’en finissaient plus. Courir d’un point à un autre, en espérant seulement rattraper le temps perdu. Et ça tourbillonnait dans son crâne. Encore incertain. De ce qu’il avait voulu faire. De ce qu’il avait pensé tenter. Se rendre, tout dire. Tout abandonner. L’envie de vomir. Les dents serrées. Chasser ces souvenirs, chasser les pensées. Et rattraper la cigarette tendue par l’inconnu, un mouvement de tête en guise de remerciements.

Faire le dernier pas, et se laisser manger par la bise.
Le froid entre ses côtes et le froid dans son coeur.

Morsure habituelle. Une bouffée glacée, des épingles dans les poumons. Avant de coincer la barre de nicotine entre ses lèvres fines. Et se pencher vers le briquet. Le narguer, le tenter, sans même y faire attention. C’était l’habitude. Jouer la carte de séduction avant même de s’en rendre compte. Visage trop proche de ses mains. Corps ramassés dans le froid du début d’année. Fermer les yeux sur les billes mordorées. Tendre le cou, le visage vers le ciel. Enfin la délivrance. Occuper ses mains, occuper ses doigts. Occuper ses lèvres et ses pensées. Et l’épier lentement, alors qu’il se concentrait à incendier sa propre mort de papier. Les fauves en face à face. Les bêtes blessées. Lente descente, jugement assassin. Il ne savait même plus, exactement. L’habitude, toujours. De noter des détails, de dénaturer et de recalculer. Les sommes de désastres qui faisaient des autres ce qu’ils étaient désormais.

Sa façon de claudiquer.
Le pli de son pantalon.
Et ce quelque chose qu’il avait trop vu, et pourtant pas assez.

Se battre pour ravaler sa salive. Pour seulement déglutir. Les lippes retroussées, l’air insolent. Un sourcil arqué, un air de défi. Il ne tenait plus, depuis trop longtemps. La figure d’un cadavre exquis. La défense et les attaques. Eat something. « Pendejadas. » Sa mère lui avait trop répété. « And what happens if I do faint ? » C’était l’insolence, c’était le défi. Souffler la buée et puis souffler le goudron. Peut-être qu’il avait raison. Il ne lui devait rien, il ne lui faisait rien. Et pourtant, c’était les armes dehors et les larmes dedans. Il connaissait ces hommes. Il connaissait ces gens. Ceux qu’il attirait dans sa toile. Veuve noire prise au piège de sa propre condition. Tout prendre, tout voler. Et se sacrifier, sans retour. Un reniflement, le revers de sa main glissée sous son nez. Les épaules rentrées et le coup d’oeil alentour. Quelque chose de mordu, en interne. Le coeur à la dérive.

Il y avait les instincts, les mauvaises réponses.
De toujours mener ses chasseurs à leur fin.

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